X

Petit lexique d'accessibilités

PMR :
Personne à Mobilité Réduite

Sous-Titres SME :
Films sous-titrés en français avec sous-titres supplémentaires décrivant l'environnement sonore à l'intention des spectateurs malentendants.

AD :
Film diffusé en Audio-Description. Ce dispositif permet aux spectateurs non-voyants d'utiliser un récepteur muni d'un casque afin d'entendre des commentaires à propos de l'environnement visuel de l'action. Nous recommandons à nos amis non-voyants de venir avec leur casque personnel muni d'une fiche mini jack standard. Ce dispositif est non audible par les spectateurs n'utilisant pas le système.

Vite, une toile!.. aujourd'hui...

Informations

Petit lexique accessibilité

Abonnez-vous !!!

Inscrivez-vous pour recevoir la lettre d'information du Club

Avant-Première : BURNING
Mardi 28 août à 20h15

Avant-Première du film BURNING de Lee Chang-Dong.

Critique de Jacques Morice pour Télérama :
"Avec cette adaptation d’une nouvelle de Murakami, le réalisateur coréen réussit une sorte de thriller poétique en mettant en scène la relation entre un jeune coursier qui aspire à être écrivain et son ancienne voisine, puis l’amitié teinté de rivalité qu’il va nouer avec un homme plus riche.

La Palme d’or ? C’est à coup sûr l’un de nos préférés. Si Lee Chang-dong revient bredouille, sans aucun prix, c’est à rien n’y comprendre. Burning fait partie de ses films dont on devine au moment même où on les découvre qu’ils vont continuer de s’épanouir une fois la séance finie, qu’ils vont nous poursuivre, mûrir en nous, au moins plusieurs jours. C’est dire qu’il y a là du mystère, des angles morts. La trame paraît pourtant transparente. L’une des qualités premières de Burning est d’être un thriller qui n’en a pas du tout l’apparence. On pense d’abord avoir affaire à un drame sentimental.

Jongsu est un jeune homme réservé, l’air endormi, qui semble toujours zigzaguer lorsqu’il marche. Il multiplie les petits boulots et vit seul. Il retrouve par hasard dans la rue une ancienne voisine. C’est elle qui le reconnaît. Elle se souvient d’autant mieux de lui qu’elle en était secrètement amoureuse à l’adolescence. Mais à l’époque, Jongsu la trouvait « moche » ; en vrai muffle, il ne s’était pas privé de lui dire. Les choses ont changé depuis. Haemi a beaucoup de charme. Elle est active, dynamique, gaie, même si parfois une détresse soudaine l’envahit, déchenchant des sanglots irrépressibles. L’attirance entre Jongsu et la jolie brune est évidente, ils ne tardent pas à coucher ensemble. La scène de lit est prosaïque et singulière à la fois, le regard de Jongsu étant braqué sur un coin de mur, où semble passer un feu follet. La liaison est de courte durée. Haemi part dans la foulée pour un voyage en Afrique, prévu de longue date.

Lorsqu’elle en revient, elle présente à Jongsu une personne qu’elle a rencontré là-bas. C’est un bel homme, riche, plein d’assurance et de prévenance, mais dont l’amabilité voile à peine la morgue. Les trois se fréquentent, passent de bons moments ensemble, dont un face au soleil couchant, où ils fument un joint. Ils rient, échangent des expériences. Leur complicité les rapproche sans doute du camp des « grands affamés » en quête de sens et de vertige, opposés aux « petits affamés ». Une conception issue de la région d’Afrique où Haemi s’est justement rendue.

Art du glissement progressif

Et puis un jour, Haemi disparaît, sans laisser de trace. Elle disparaît si bien, le comble de la perversité de cette intrigue se nouant là, que le spectateur lui-même en vient pour ainsi à l’oublier. Parce qu’entretemps, avec un art incroyable du glissement progressif, une autre priorité narrative a pris le dessus. Elle repose sur le lien, à distance fascinante, entre les deux hommes, que tout ou presque oppose.

Qu’y-a-t-il entre eux ? Un rapport de classes, de dominant à dominé, mais aussi de rivalité, de jalousie pas tant que ça à sens unique. Qui sait si le Gatbsy baillant d’ennui devant le vide l’existence, au profil de manipulateur pervers, qui confesse aimer mettre le feu aux serres abandonnées, n’envie pas quelque chose chez le désargenté. C’est en tout cas ce dernier qui est le personnage central, celui dont on sait le plus de choses, le cinéaste éclairant sa vie intime, son enfance gâchée par la violence du père, son labeur solitaire dans une ferme isolée à la campagne, où il soigne des bêtes. Burning multiplie ainsi des motifs qui sont autant sociaux que sentimentaux, dans le calme apparent d’une chronique de moins en moins ordinaire. Tout se passe comme si le cinéaste ne cessait de différer l’explosion de violence. Laquelle finit par jaillir mais seulement dans la toute dernière séquence.

La plupart des indices sont révélés au grand jour, sans que l’on s’en rende forcément compte, tout au long de ce film sinueux, très captivant, mais sans dramatisation de l’action. Un élément semble important : plusieurs fois, il est signalé que Jonsgu est écrivain ou du moins qu’il tente d’achever un roman. On ne le voit qu’une fois écrire, et de très loin. Rien n’interdit de penser que toutes les pièces éparpillées du puzzle soient le fruit de son imagination. La rêverie, le fantasme, les trompe l’œil s’insinuent un peu partout dans le film. Une séquence, d’une grâce inouïe, rend compte de ce pouvoir. C’est celle où Haemi laisse fugitivement transparaître son talent de mime. Elle épluche une mandarine chimérique, en extrait des quartiers, les porte à sa bouche. On voit alors le jus qui gicle, on le sent qui s’écoule sur ses lèvres, ses doigts. L’illusion est parfaite.

Source article : https://www.telerama.fr/cinema/cannes-2018-burning-de-lee-chang-dong-et-si-cetait-la-palme-dor,n5652959.php

Tarifs habituels
Le programme ...
Burning
Corée du Sud | 2018 | 2h28 |
Réalisation : Lee Chang-Dong
Avec : Yoo Ah-In, Steven Yeun, Jeon Jong-seo
Lors d'une livraison, Jongsu, un jeune coursier, tombe par hasard sur Haemi, une jeune fille qui habitait auparavant son quartier. Elle lui demande de s’occuper de son chat pendant un voyage en Afrique. À son retour, Haemi lui présente Ben, un garçon mystérieux qu’elle a rencontré là-bas. Un jour, Ben leur révèle un bien étrange passe-temps…
Cinéma le Club
Grenoble

9, bis rue du Phalanstère 38000 Grenoble
répondeur : 04 76 46 13 38
Plan d'accès

télécharger le programme et accessibilités en fauteuils
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,60 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 5,80€ / 12 places : 5€
Tarif - 14ans : 4€