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Bienvenue à Suburbicon
USA | 2017| 1h45
Réalisation : George Clooney
Avec : Matt Damon, Julianne Moore, Oscar Isaac
Version originale (anglais) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence... Bienvenue à Suburbicon.

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"Bienvenue à Suburbicon" : George Clooney, les frères Coen, Matt Damon, quatuor gagnant
par Jacky Bornet




George Clooney a le blues. Il ne se sent plus capable de jouer les séducteurs à 56 ans, trouve Matt Damon, qu’il vient de diriger dans "Bienvenue à Suburbicon", sa septième réalisation, meilleur que lui, alors que son film est un flop aux Etats-Unis. Le monde est injuste. Son long métrage est remarquable et fleure bon les frères Coen. Pour cause : ils signent le scénario. Comédie noire assurée.

Petits arrangements hors contrôle
Bienvenue chez vous ! Suburbicon est une des nombreuses villes de banlieue sorties de terre dans les années 50-60, destinées aux employés des grandes villes, en plein âge d’or de la surconsommation. Suburbicon, c’est le paradis WASP (Wight Anglo Saxon Protestant). Alignement de petits pavillons avec garage, pelouses impeccablement entretenues, familles tirées au cordeau… Jusqu’au jour où en 1959 une famille noire a le mauvais goût de s’installer, au grand dam de leurs voisins, alors qu’on est encore loin de la reconnaissance des droits civiques. Pendant ce temps, un père de famille, bien sur tout rapport, assassine sa femme malade pour se mettre avec sa sœur, provoquant un enchaînement de situations catastrophiques…

Bienvenue chez les frères Coen, dont on reconnait la patte dans l’écriture d’un scénario qui leur ressemble bien. On pense bien sûr à "Fargo" (scénario de Sam Raimi), où un père de famille bon teint fait enlever son épouse pour récupérer une rançon, avec des conséquences effroyables. Mais aussi à leur premier film "Blood Simple" ou "No Country for Old Men", où des "petits arrangements" partent en vrille, hors de tout contrôle. Si l’univers est bien balisé, le film de George Clooney n’en reste pas moins des plus réjouissants, où l’acteur, qui n’apparait pas dans le film, démontre encore ses talents de metteur en scène. Pamphlet
Réjouissante la peinture de cette banlieue idyllique ensoleillée et bien rangée ; pertinente cette population raciste qui reproche à leurs nouveaux voisins des actes qu’ils n’ont jamais commis, alors que leurs semblables fomentent les pires atrocités, sans rien en voir… A l’heure de Donald Trump, Clooney signe un pamphlet qui dénonce une idéologie protectionniste dont les tenants l’on mis au pouvoir. Pas étonnant que "Bienvenue à Suburbicon" n’a pas remporté le succès escompté dans son pays d’origine…

Matt Damon remplit parfaitement le contrat de son rôle de père de famille propre sur lui aux plans machiavéliques et cruels qui manipule son fils, jusqu’à ce que sa machination le rattrape sur fond d’émeute raciale. Julianne Moore est parfaite dans le double rôle de deux sœurs jumelles qui vont se télescoper. Le scénario est aux petits oignons et l’équilibre entre drame et humour des mieux balancés. Une mécanique bien huilée qui tourne à merveille : bienvenue chez vous.

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Culturbox
« Bienvenue à Suburbicon », l’envers du rêve américain
par Jean-Claude Raspiengeas




Parodie grinçante, grave et drôle sur l’American way of life dans les années 1950, « Bienvenue à Suburbicon », le nouveau film, très élégant, de George Clooney est une charge réjouissante.

Dans les années 1950, période bénie du plein-emploi et de l’économie florissante, la classe moyenne américaine transporta massivement ses pénates dans de belles et lissées zones pavillonnaires. Les cols blancs disposaient, avec leur petite famille, de tout le confort moderne. C’était l’âge d’or de l’électroménager. L’alignement et la ressemblance de toutes ces maisonnées bâties sur le même moule, avec pelouse et garage, rassuraient. Les nouveaux propriétaires se ressemblaient, partageaient le même rêve, encouragés par la vision idyllique d’une société pacifiée où toutes ses composantes vivaient en harmonie, le sourire « ultra-brite » aux lèvres. À condition de rester entre Blancs… Employé de bureau exemplaire, Gardner Lodge vit dans la nouvelle et pimpante banlieue résidentielle de Suburbicon, avec Rose, sa femme en fauteuil roulant, victime d’un accident de la route dont elle tient son époux pour responsable, et Margaret, la sœur jumelle de l’infortunée (Julianne Moore, impeccable dans les deux rôles). Un soir, tout dérape. Deux malfrats brisent le rêve et tuent la paralytique. Sous les yeux du fiston. Pour se remettre du choc et du chagrin, Margaret prend doucement la place de la victime. C’est dans cet environnement idyllique que vient s’installer un couple de Noirs, diplômés, qui seraient semblables à leurs voisins, n’était leur « intolérable » couleur de peau. Très vite, le quartier se ligue contre cette « intrusion » inacceptable, passe des insultes au déferlement de violence pour tenter de les chasser. Mais le couple oppose une attitude non-violente à ses agresseurs, ce qui a le don d’exciter ces enragés. Accaparés par cette cible, personne ne voit que chez les Gardner, la situation déraille. Le soupçon sur une embrouille à l’assurance-vie prend corps et le pater familias, qui perd les pédales, s’enfonce dans une fuite en avant criminelle et démente… Délirante et réjouissante, cette satire drolatique de l’American way of life est un jeu de massacre. George Clooney met en scène (sans jouer lui-même) un scénario des frères Coen avec une élégance impeccable pour décrire les dérives et les embardées d’un certain sordide américain. Obsession de l’argent et de la réussite, sur fond de pureté raciale… Évidemment, même s’il s’en défend, il est difficile de ne pas y voir une parabole grinçante sur l’Amérique de Trump où les débordements racistes sont couverts et non sanctionnés. Bouffi et en surpoids, Matt Damon incarne à merveille cet homme ordinaire qui préfère basculer dans l’horreur que d’assumer ses « péchés ». Un régal de cinéma qui crisse sous la dent.

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La Croix
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