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Petit lexique d'accessibilités

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On the Milky Road
Serbe | 2017| 2h05
Réalisation : Emir Kusturica
Avec : Monica Bellucci, Emir Kusturica, Predrag 'Miki' Manojlovic
Version originale (VO) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Sous le feu des balles, Kosta, un laitier, traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Bientôt, cette routine est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. Entre eux débute une histoire d’amour passionnée et interdite qui les entraînera dans une série d’aventures rocambolesques.

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« On the Milky Road », boire du petit-lait avec Emir Kusturica
par Corinne Renou-Nativel




Après une absence d’une dizaine d’années, le cinéaste serbe revient avec un conte où l’on retrouve avec bonheur son univers foisonnant et décalé.

Film britanno-serbe, 2 h 05
À chacun sa voie lactée. Pour Kosta, c’est le chemin qui le mène tous les jours sur le front où, en pleine guerre de Yougoslavie, il apporte ses bidons de lait aux soldats dans les collines. Les balles sifflent autour de lui, mais il n’en a cure. La mort ne semble pas vouloir de lui. Presque toute sa famille a péri. Son frère et lui ont vu leur père succomber dans des conditions effroyables. Depuis, son frère est en hôpital psychiatrique, et Kosta livre son lait.

Des allers-retours quotidiens entre guerre et vie
Jour après jour, il passe d’un univers à l’autre, du monde de la guerre à son village bucolique – comme s’il passait de la mort à la vie en d’imperturbables allers-retours. Du côté de la vie, il y a la jolie Milena, aussi éprise de lui que folle. Avec sa mère, elle entretient une gare où ne circule aucun train et en remonte la pendule détraquée.
Du côté de la vie, il y a aussi la fidèle mule avec laquelle Kosta assure sa tournée, un serpent amateur de lait à qui il en donne en chemin, ainsi qu’un faucon qui, du ciel, le suit partout et se pose auprès de lui pour danser au rythme de sa musique. Dans cette périlleuse routine surgit une belle Italienne, perdue dans la guerre, que Zaga, le frère de Milena, a ramenée de derrière les lignes de front.

Kosta et Nevesta, la mort aux trousses
« Ce film est basé sur trois histoires vraies et une imagination débordante », prévient Emir Kusturica dès les premières images. « Conte de fée moderne », aux dires du cinéaste, On the Milky Road impose d’emblée ses codes à la lisière du surréalisme. Filmée à son insu par une caméra de vidéosurveillance dans un centre pour réfugiés selon des points de vue invraisemblables, Nevesta, la belle Italienne, est immédiatement identifiée comme une femme hors du commun. Ces premières images en noir et blanc la trouvent entourée d’enfants : comme chaque jour, elle regarde en pleurant Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov.
On n’en fera pas mystère : l’impassible Kosta s’éprend d’elle. Et à la dinguerie de la jeune Milena, il préfère la maturité douce de Nevesta, promise à Zaga. Des oies blanches posées dans une baignoire remplie du sang d’un cochon qu’on vient d’égorger, entre poésie et réalisme, tendresse et violence, annoncent la suite terrible, une course-poursuite effrénée avec la mort aux trousses des amants.

Un conte au réalisme magique
On the Milky Road n’a pas été sélectionné à Cannes ni récompensé à Venise. Kusturica a-t-il payé ses prises de position nationalistes serbes et sa douteuse amitié pour Poutine, comme il l’a affirmé ? Si le scénario dans la première partie n’est pas toujours de la plus grande clarté, le cinéaste revient pourtant, après des films faibles et une longue absence, avec un bijou. On retrouve avec un immense plaisir sa frénésie généreuse, ses merveilles extravagantes et sa joie mâtinée de tristesse. De réjouissantes trouvailles visuelles s’enchaînent dans un foisonnement baroque et une exubérance chaleureuse.
Tout est possible au cœur de ce conte nimbé de réalisme magique : une poule saute de joie devant un miroir, Nevesta recoud avec du fil et une aiguille l’oreille de Kosta qui grimace à peine, les amoureux s’envolent la nuit au-dessus d’un arbre, des animaux sauvent la vie de leur bienfaiteur.
Avec ses mariées en robes blanches, ses fêtes dionysiaques, sa nature sublimée, sa musique aux entraînantes tonalités tsiganes (signée par son fils Stribor), sa dénonciation de l’absurdité d’une guerre fratricide, Kusturica revient aux motifs qui lui sont chers, en accordant plus d’importance à la passion amoureuse. Pour la première fois, il passe devant sa caméra pour interpréter, avec Monica Bellucci, un couple attendrissant qui se croyait revenu de tout. Avec sa chute bouleversante, On the Milky Road apparaîtra aux romantiques comme l’un des plus beaux films d’amour que l’on ait vu sur les écrans ces derniers mois.

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La Croix
« On the Milky Road », l’amour au temps de la guerre civile
par Jessica Saval




Sept ans après la sortie de l’acclamé Maradona, le réalisateur serbe Emir Kusturica se plonge dans le conflit serbo-bosniaque avec On the Milky Road. Rolling Stone l’a vu pour vous

Inspiré de trois faits réels et d’une bonne dose d’imagination, On the Milky Road se déroule au plus fort de la guerre de Bosnie-Herzégovine. Il met en scène les questionnements religieux et autres déboires amoureux de Kosta (Emir Kusturica), un courageux laitier bouleversé par l’arrivée d’une énigmatique réfugiée italienne du nom de Nevesta (Monica Bellucci).

Ballet cinématographie d’une étrange beauté, On the Milky Road envoie valser un laitier au flegme inquiet tantôt dans les bras d’une Monica Bellucci héroïne de films muets – sublimée tant par l’âge que la caméra de Kusturica – tantôt une gymnaste débridée « pas folle, mais pas normale ». Vient s’ajouter à ce triangle amoureux un rapace possessif, amateur de musique et d’hélicoptères.

Savoureuse pirouette Orwellienne, la dernière création de Kusturica n’est pas sans rappeler La ferme des animaux et illustre parfaitement la bestialité des forces en présence lors du conflit serbo-bosniaque, ainsi que la sagesse d’une Nature toujours prête à « aider les justes ». Qu’il s’agisse d’oies sauvages ou de serpents bibliques, les créatures parcourant On the Milky Road se font l’écho des bains de sangs comme des crises de rire qui ponctuent le film, soulignant de ce fait la grotesque inconscience de ses protagonistes.

Critique sociale et religieuse à la musicalité grinçante, On the Milky Road martèle un refrain étonnamment d’actualité – « Notre monde connaîtra la guerre tant que Big Brother sera sur Terre » – avec autant de poésie que de mordant, sans pour autant se départir d’une loufoquerie intemporelle.

Empreinte d’un onirisme réaliste inexplicablement charmant, le plus Wes Andersonien des films d’Emir Kusturica est l’exemple parfait de ce que tout ce qu’une excellente tragédie comique devrait être. Sans pitié, il place en son sein un rappel déchirant de l’importance du devoir de mémoire et de la nécessité d’aimer « peu importe comment ».

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