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Kedi - Des chats et des hommes
| 2017| 1h20
Réalisation : Ceyda Torun
Avec :
Version originale (VO) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Depuis des siècles, des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, mi sauvages, mi domestiqués – et apportent joie et raison d’être aux habitants. KEDI raconte l’histoire de sept d’entre eux.

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«Kedi : Des chats et des hommes» : ce film ne pense qu'à chat !
par Renaud Baronian




Stupéfiant documentaire sur les matous errants d'Istanbul, «Kedi : Des chats et des hommes» aborde avec bonheur le rapport étrange entre l'humain et le félin.

Un documentaire sur les chats qui envahissent Istanbul ? L'idée pourrait sembler saugrenue, voire anecdotique. Sur le papier seulement : «Kedi : Des chats et des hommes» ne se contente pas de raconter des histoires jolies, graves ou sidérantes sur ces animaux, il analyse les sentiments étranges que les hommes nourrissent à leur égard. Ce film phénomène, aux images magnifiques, récolte des prix et un succès public dans tous les pays où il sort. Certes, pour l'aimer, il faut apprécier les chats, mais chez nous, ça ne devrait pas poser de problème : nos concitoyens accueillant 13,5 millions de felis silvestris catus, ils devraient adorer «Kedi» !

Istanbul, le royaume des chats La réalisatrice Ceyda Torun a choisi de filmer les chats de l'ex-Constantinople parce qu'il s'agit de sa ville, mais surtout car la gigantesque cité turque accueille un nombre ahurissant de félins, des centaines de milliers dans toutes les rues et sur tous les toits. Depuis que la ville existe et sert de port de transit pour les marchandises, les marins ont pris l'habitude de ramener des minets à bord de leurs navires, afin de lutter contre les rats. Résultat : toutes les races du monde sont présentes à Istanbul. La plupart vivent à l'état semi-sauvage : «Pour la population, qui est majoritairement musulmane, les chats sont quasi sacrés», explique Ceyda Torun.

À hauteur de félin Si «Kedi» est si réussi, c'est parce que Ceyda Torun et son équipe ont développé des trésors d'imagination pour filmer leurs «acteurs» à hauteur de leurs pérégrinations. Telles que des plates-formes roulantes très basses sur lesquelles étaient fixées les caméras, ou une voiturette télécommandée transformée en caméra, qui permettait de suivre au mieux les matous lorsqu'ils se faufilaient dans des passages étroits. Le résultat s'avère merveilleux : on n'a jamais vu une telle proximité cinématographique avec ces petits félins.

Une galerie d'hommes et de chats Malicieux, espiègles, séducteurs, agressifs, tout doux... Le film multiplie les portraits ahurissants de greffiers stambouliotes. Ainsi Bengü, dite la Tombeuse, qui n'a pas son pareil pour se faire caresser par les humains. Ou Grizou le Gentleman, félin gris clair semi-adopté par un restaurant : il tape à la vitre avec ses petites pattes pour signifier qu'il a faim, les serveurs courent lui apporter sa charcuterie préférée ! Sans oublier Petit Lion, gros dormeur de jour, chasseur de rats la nuit... Chacune de ces mascottes félines va de pair avec un homme ou une femme qui veille sur elle, comme ce patron de café qui accueille une chatte devenue l'emblème de son établissement.

Chacun cherche son chat Les moments les plus forts du film sont ceux où les habitants d'Istanbul expliquent ce qui les lie aux chats, et il y a autant de motifs que de Stambouliotes. Un pêcheur raconte ainsi qu'il croit à nouveau en Dieu depuis qu'il s'occupe de félins, et que, selon lui, ces animaux constituent un trait d'union entre l'homme et le divin. Tout le contraire de cette artiste qui, elle, souligne qu'«on ne peut pas trouver espèce plus mystérieuse et différente de l'homme que les chats». Pour elle, «les rapports que l'on entretient avec les chats sont de l'ordre de ceux que l'on pourrait entretenir avec une population extraterrestre». Quand la caméra s'attarde sur certains regards félins, on a envie de lui donner raison !

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Le Parisien
Kedi – des chats et des hommes : un film qui fait du bien
par Sylvestre Picard




La vie d'une dizaine de chats errants d'Istanbul et de celles et ceux qui les soignent : la recette simple et réjouissante d'un film lumineux.

Les personnes allergiques aux chats (enfin, à leur présence écrasante sur nos écrans et nos réseaux sociaux) feraient bien de ne pas oublier leurs antistaminiques en allant voir Kedi – des chats et des hommes: la réalisatrice Ceyda Torun suit une dizaine de chats errants dans les rues d'Istanbul, étudie leurs habitudes, leurs personnalités. Pour qui porte ne serait-ce qu'un soupçon d'intérêt à la gente féline, Kedi a tout du panard en libre-service à volonté. L'arrière-plan politique du film, difficile à ignorer, est pourtant peu présent : il faut le déduire des images. Ici une construction de tours HLM qui pose problème, là ce plan d'un chat bagarreur et dominateur avec un tag anti-Erdogan en arrière-plan.

Un doc humaniste Kedi raconte une autre histoire : c'est aussi le récit de celles et ceux qui prennent soin des chats errants, et en fin de compte la description de la joie incommensurable et indicible qui peut s'emparer de nous lorsque l'on s'occupe d'un être vivant sans rien attendre d'autre en retour (cette chatte gourmande et feignante qui réclame des restes aux clients d'un café pour en réalité nourrir ses petits a quelque chose de bouleversant). Il y a ces hommes qui disent que s'occuper des chats errants les a sauvés de la dépression ; il y a cet enchaînement de gros plans sur les mains d'un ouvrier qui gratouille un matou à l'aide d'une brosse, puis sur son visage bardé d'un énorme sourire ; non, décidément, rarement un documentaire animalier aura autant parlé de nous-mêmes.

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Première
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Europa Cinéma
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