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3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
USA | 2017| 1h56
Réalisation : Martin McDonagh
Avec : Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell
Version originale (anglais) sous-titrée en français
    .....
  • dimanche 18 février 12:3014:4517:0019:0021:10
  • lundi 19 février 13:3015:4518:0020:0022:10
  • mardi 20 février 13:3015:4520:0022:10
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l'entrée de leur ville.

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Billboards, les Panneaux de la vengeance - la critique du film
par Julien Dugois




Un rape and revenge humaniste
Martin McDonagh rentre dans la cour des grands en signant une fresque mélodramatique qui interroge sur les notions de justice et de pardon dans une Amérique rongée par la haine et la violence, et ce sans jamais se montrer moralisateur.

L'argument : Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Notre avis : Ses deux premiers longs-métrages ayant été des comédies d’action survoltées (Bons baisers de Bruges et 7 Psychopathes, deux films à l’esprit so british), il était difficile d’imaginer Martin McDonagh s’aventurer dans le domaine du drame psychologique et de la peinture du midwest américain. C’est pourtant la meilleure définition que l’on puisse donner à 3 Billboards, son troisième opus. En plus de s’être séparé de son acteur fétiche, Colin Farrell, McDonagh change donc radicalement de registre et oriente sa réalisation vers une mise en scène bien plus sobre, mais non moins maîtrisée. Le seul postulat de son scénario n’annonce aucunement un divertissement puisqu’il adopte le point de vue d’une femme qui souffre d’avoir perdu, quelques mois plus tôt, sa fille, victime d’un crime odieux. Cette femme, Mildred Hayes, magistralement interprétée par Frances McDormand, va essayer de relancer l’enquête sur le meurtre en interpellant la police, via des panneaux publicitaires. Ce seul point de départ pose les bases d’une longue interrogation sur la responsabilité de chacun face à un tel événement.

Contrairement à ce que nous vend le titre français du film, c’est moins la vengeance de cette mère éplorée que la question de la culpabilité qui est au cœur de ce récit passionnant. Sa culpabilité à elle, d’abord, puisque l’on comprend vite que sa vie est brisée, rongée par les regrets d’avoir pu être une mauvaise mère et d’avoir poussé sa fille vers le drame qui lui a coûté la vie. Mais aussi et surtout la culpabilité qu’elle impute à Bill Willoughby, le chef de la police locale de ne pas avancer dans ses recherches. Incarné par le toujours charismatique Woody Harrelson, ce chef de la police est un personnage très apprécié dans la ville, transformant le geste de Mildred en scandale public. La crispation qui en naît alors permet au Britannique McDonagh s’observer de près la place toute particulière que peuvent avoir les forces de l’ordre au sein de la société américaine pour mieux en vanter le caractère indispensable tout en dénonçant les pires travers.

Le personnage qui incarne le mieux l’ambiguïté du rapport des Américains à leur police est celui incarné par Sam Rockwell (qui, comme Harrelson, était déjà présent dans 7 Psychopathes), qui apparaît -dans un premier temps au moins- comme un individu particulièrement détestable. Une prestation si antipathique qu’elle rappelle son personnage de Wild Bill dans La Ligne Verte. Contrebalançant l’apparence bienveillance du chef Willoughby, la violence de ce redneck alcoolique et raciste semble donner raison aux torts que Mildred reproche à la police. Et pourtant, le récit s’interdit tout manichéisme facile, le comportement de cette mère courage étant lui aussi plus d’une fois moralement condamnable. Les rapports de force qui régissent ce thriller relèvent tous d’une sincérité loin des schémas scénaristiques artificiels classiques, ce qui en fait avant tout un mélodrame bouleversant et humain, au sein duquel les quelques touches d’humour noir sont parfaitement incorporées.

Le long métrage profite, en plus de son casting irréprochable et de son scénario intelligent, d’une magnifique bande-originale signée Carter Burwell. L’ambiance musicale qu’il accole à cette peinture de l’Amérique contemporaine en renforce plus encore le réalisme et le capital sympathie. La façon qu’a le film de bouleverser la notion de vengeance, pour mieux en remettre en question le bien-fondé, en fait une œuvre majeure, dans ce sens où elle prend à contre-pied une longue tradition de revenge movies. Depuis longtemps, le cinéma américain nous a appris que la violence est la meilleure arme pour rendre justice. Martin McDonagh en est moins convaincu et a trouvé là une façon magistrale pour nous faire partager ses doutes.

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AvoirAlire
3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance
par Pierre Murat




Folle de rage. Mais d’une rage froide. Calculée. Mildred Hayes (Frances McDormand) n’est pas du genre à jouer les hystériques dans un poste de police. Mais ce qu’elle veut dire, elle le dit. Et ce qu’elle a à faire, elle le fait. Louer, par exemple, trois panneaux plus ou moins abandonnés sur une route peu fréquentée à l’entrée de sa petite ville. Pour y inscrire un texte vengeur sur l’incapacité des flics à retrouver l’assassin de sa fille, violée et tuée quelques mois auparavant. Et peu lui importe que le chef de la police, William Willoughby (Woody Harrelson), un brave mec sous son physique de plouc, soit atteint d’un cancer : « Vous saviez que j’étais malade, mais vous avez quand même mis mon nom sur cette affiche ? » lui demande-t-il, incrédule. « Pour que ce soit efficace, il fallait bien le faire avant que vous claquiez, non ? »…

Le film de Martin McDonagh ressemble à cet échange. Le réalisateur, un affreux jojo anglo-irlandais (lire Télérama no 3548) connu autant pour ses frasques que pour ses pièces provocatrices, a visiblement le sens du dialogue (« Tu sais ce qu’ils font des tafiottes à Cuba ? Ils les tuent ! — Tu es sûr que ce n’est pas plutôt dans le Wyoming ? »). Et le goût des personnages, qui ont l’infinie délicatesse de se révéler moins crétins qu’ils ne le paraissaient au départ. Sa plus belle réussite est le flic interprété par Sam Rockwell, buse intégrale qui vit toujours avec maman à 30 ans passés. Qui cogne les Noirs, mais se fâche tout rouge si on les traite de « nègres » (non, ce sont des « gens de couleur » qu’il tabasse !). Et qui déteste les gays au point d’en défenestrer un, dans un accès de folie furieuse… Mais ce pauvre type est filmé par le cinéaste avec un soin, une attention, une tendresse qui finissent par le régénérer. Oh, il ne change pas du tout au tout : à la fin du film, il reste aussi obtus qu’il l’était. Et homophobe, sans doute parce que secrètement homosexuel lui-même. Mais c’est l’amorce de l’étincelle d’une générosité toute neuve qui le pousse, soudain, à provoquer, dans un bar, une bagarre avec un suspect pour lui soutirer son ADN en le griffant ! Et à se rapprocher de Mildred que pourtant il déteste…

Curieux comme le réalisateur, peu familier de l’Amérique profonde, ait pu si crûment en décrire les individus, dans leur étrangeté, leur fragilité cachée. Sans doute, à partir d’un certain degré d’émotion et de souffrance, les petites gens de toutes les petites villes se ressemblent-ils : mus par les mêmes faiblesses, poussés aux mêmes éclats. Presque suranné, tant il reprend habilement des valeurs que Hollywood célébrait jadis avant de s’égarer dans l’empilement de blockbusters sans âme, son film est un subtil mélange de violence brute (l’agression du gay, la toux ensanglantée du flic moribond) et d’humour noir (celui de Mildred). Frances McDormand dit s’être inspirée de John Wayne pour ce personnage. C’est Spencer Tracy qu’elle évoque, surtout, errant dans la bourgade d’Un homme est passé, de John Sturges (1955), à la recherche d’un ­Japonais lynché par les autochtones durant la Seconde Guerre mondiale. Comme tous les autres, Mildred nage dans l’ambiguïté. Elle est obstinée, courageuse, emportée : que des qualités. Mais c’est tout de même loin d’être un cadeau : elle se révèle, aussi, ­égoïste, murée dans son chagrin au point d’ignorer celui des autres… Presque aussi bornée, en fait, que le flic réac qu’elle méprise…

Depuis ses débuts au cinéma (l’étonnant, sombre et cocasse Bons Baisers de Bruges (2008), où il jouait avec les rouages du film noir), Martin McDonagh semble constamment semer, derrière lui, des cailloux fantastiques, comme le Petit Poucet. Est-ce son amour pour le théâtre ? Il éprouve ­visiblement une passion pour Sha­kespeare, comme en témoigne, ici, Willoughby, le flic exsangue. Même quand il n’est pas là, il semble rôder autour de ses concitoyens, tel le fantôme du père de Hamlet, avec les lettres amusées et lucides qu’il leur envoie. Le film se balade ainsi, comme en suspens, entre ombres évanouies et vivants inguérissables.

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