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Petit lexique d'accessibilités

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Personne à Mobilité Réduite

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Jusqu’à la Garde
France | 2017| 1h33
Réalisation : Xavier Legrand
Avec : Denis Ménochet, Léa Drucker, Mathilde Auneveux
Film en français
    .....
  • dimanche 18 février 12:3014:3016:3019:1021:00
  • lundi 19 février 13:3015:3017:3020:1022:00
  • mardi 20 février 13:3015:3017:3020:1022:00
  • Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.

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Jusqu'à la garde : critique un week-end sur deux
par Christophe Foltzer




On avait déjà entendu parler du premier film de Xavier Legrand puisqu'il a remporté le prix de la mise en scène du dernier festival de Venise, ce qui lui donnait déjà une sacrée réputation et provoquait chez nous une grande attente. Mais on ne s'attendait vraiment pas à ça quand on l'a découvert au dernier Festival de Saint-Jean-De-Luz.

GÉNIAL, MES PARENTS DIVORCENT
En l'espace de deux plans, on comprend tout de suite qu'on n'aura pas affaire à un film comme les autres et qu'il va nous entrainer dans une drôle d'histoire. Pourtant, le principe de base pourrait être tiré de la colonne faits divers de n'importe quel journal local : un couple se déchire, mettant ses deux enfants au milieu alors que le père remet en question le droit de visite. La juge tranche et, malgré le refus de Julien, 11 ans, de revoir son père, elle l'oblige à passer un week-end sur deux avec lui. Entre méfiance, peur et manipulations, l'enfant va essayer de protéger sa famille tout en ne froissant pas une personne dont le caractère se montre plus qu'inquiétant.

Un principe assez simple donc, pas simpliste cependant, qui s'achemine vers une conclusion logique en apparence et qui pourtant parvient tout de même à nous surprendre, voire à totalement nous emporter au bout de 20 minutes. Si l'installation de l'histoire et des personnages est quelque peu laborieuse et manque parfois de dynamisme, dès que Julien retrouve son père la première fois, le film trouve son souffle, prend sa vitesse de croisière et la suite ne sera qu'une montée en puissance vers un final explosif dont nous tairons bien évidemment les détails.

FAIS-MOI PEUR
Le premier élément qui nous fait penser que nous avons affaire à un grand fim, ce sont ses comédiens. Léa Drucker est parfaite, à fleur de peau mais tout autant forte que déterminée à protéger son foyer déjà bien meurtri; Le trop rare Denis Ménochet est absolument sensationnel dans ce rôle de père bourru et ambigu dont on ne sait jamais trop quoi penser avant une dernière partie où il explose de charisme, mais nous y reviendrons.

LA révélation du film, c'est bien entendu le jeune Thomas Gioria, qui interprète Julien. Un rôle pas évident, tout en nuances et en souffrances que le jeune acteur remplit de manière époustouflante avec une maturité de jeu qu'on n'a clairement pas l'habitude de voir dans le cinéma français. Non vraiment, rien que par ses choix d'acteurs, Xavier Legrand nous met déjà une bonne claque.

Si le film fonctionne autant, c'est aussi parce qu'il a recours à un procédé de mise en scène auquel nous ne nous attendions pas mais qui est tellement logique quand on y repense. Jusqu'à la garde ne ressemble pas à beaucoup d'autres films français, parce qu'il est réalisé comme un thriller.

En appelant constamment aux codes du genre inconsciemment ancrés dans l'esprit du spectateur, ce choix malin donne une énorme ampleur à l'histoire puisque, tout d'un coup, une ambiance très oppressante se crée, l'angoisse n'est jamais loin, nous restons collés au plus près des émotions des personnages poussés à bout qui vivent la situation de manière exacerbée et, oui, in situ, on se sent dépassé, en tant que spectateurs, nous sommes totalement embarqués, ce n'est plus un drame familial franchouillard qui nous est montré, c'est la dérive d'une famille entière que l'on ressent. Et cela fonctionne du tonnerre.

Encore plus dans sa dernière partie, très, très impressionnante, éprouvante, folle, violente, flippante, filmée comme un vrai film d'horreur, signe qu'il faut juste du talent et une vraie connaissance de la mise en scène, et une pincée d'audace, pour faire du cinéma de genre en France, sans le revendiquer comme une fin en soi mais, au contraire, parce que l'histoire l'exige.



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Ecran Large
« Jusqu’à la garde » : Le prédateur et ses proies
par Jean-Claude Raspiengeas




Lion d’argent du meilleur réalisateur et Lion du futur décerné au meilleur premier film à la Mostra de Venise, le film de Xavier Legrand marque les esprits. Admirablement maîtrisé, superbement joué par un impressionnant trio d’acteurs, ce thriller psychologique plonge dans le processus destructif des violences conjugales.

Dans le huis clos d’un bureau impersonnel, une juge aux affaires familiales cherche à comprendre la réalité des griefs qui opposent M. et Mme Besson, encadrés par leurs avocats respectifs. Dans leurs dépositions, les enfants du couple – Joséphine, bientôt 18 ans et Julien, 11 ans – ont témoigné contre leur père et demandé à ne plus jamais le voir.

À ce moment introductif où la juge doit décider de la poursuite ou de l’arrêt de la garde alternée, nul, dans son fauteuil de cinéma, ne peut encore dire avec certitude si les torts sont partagés ou si la balance penche d’un côté. Un mur sépare cette femme et cet homme qui se sont aimés, ou ont voulu le croire, ont fondé une famille ensemble.

Les visages figés ne se tournent jamais l’un vers l’autre. Les regards sont butés. Qui a tort ? Qui a raison ? La juge, elle-même, remet à plus tard le résultat du délibéré. Une heure et demie plus tard, le film de Xavier Legrand qui, très vite, dissipe tout doute, laisse le spectateur K.-O., sans voix, gorge nouée, étreint par une angoisse qui n’a cessé de monter. Et de quelle façon !

Thriller naturaliste Rarement un premier film, aux multiples rebondissements sans espoir de retour, lancé comme un uppercut, aura frappé le spectateur avec un tel impact. Sans une seconde de répit, ce thriller naturaliste plonge le spectateur dans l’âme sombre d’un pervers narcissique, manipulateur et menaçant, à l’affût du moindre indice, exerçant une pression insupportable sur son ex-femme et leur fils Julien, acharné à ravir ce qu’il veut, usant de la force et de la ruse pour assouvir un obscur besoin de possession et de vengeance. Prêt à broyer ceux qu’il convoite. Prompt à jouer la comédie de l’amour pour mieux les détruire. Passant de la contrition à la brutalité.


Faute d’y parvenir sereinement, il s’appuie sur le maillon faible, son fils Julien, pour piéger son ex-femme, la ramener de force à lui. Le spectateur ne cesse d’être projeté, d’un côté et de l’autre. Tantôt dans la détresse courageuse de cette femme, apeurée, qui tient bon et ne cède rien. Tantôt dans le cerveau malade de cet homme désemparé, inflexible, intraitable.

Tantôt, et c’est le plus éprouvant, dans le psychisme de l’enfant terrorisé qui, sensibilité malmenée, mobilise son intelligence pour tenter de protéger sa mère, cherchant, par tous les moyens, à détourner le cours funeste du violent désir de possession de son père. Femme battue, Miriam fuit cet homme qui représente un danger permanent et imprévisible. Perpétuellement en alerte, se préparant à parer tous les coups, elle s’est forgé une carapace de résistante et s’essaie à mener une vie normale avec ses enfants.


Un film « oppressant et magistral »
La violence conjugale, antichambre de l’épouvante. En 2014, sur le même sujet, Xavier Legrand avait réalisé, avec les mêmes acteurs, un court métrage glaçant et haletant, Avant que de tout perdre. Miriam prenait la fuite précipitamment avec ses enfants pour échapper aux griffes (au sens propre et figuré) de son cogneur de mari. L’action se passait dans le huis clos du supermarché où travaillait Miriam. Antoine la traquait, et cette évasion sous la menace était terrifiante. Pour ce galop d’essai, Xavier Legrand avait reçu un César et avait été sélectionné aux Oscars. Jusqu’à la garde se situe après. Quand Miriam tente de se reconstruire.

Tout est sidérant de maîtrise dans ce film oppressant et magistral, doublement récompensé à la Mostra de Venise. La progression étouffante du scénario, la rigueur de la mise en scène, d’une implacable efficacité, le travail sur le son, l’application à instiller l’angoisse avec des éléments réalistes de la vie courante. Et l’interprétation époustouflante des trois comédiens.

Léa Drucker, fragile et solide, est bouleversante ; Denis Ménochet, boule de violence rentrée, se sert de sa masse physique et de la terreur qu’inspire son regard affûté comme une lame pour rendre intenables toutes les situations ; Thomas Gioria, l’enfant, dont l’effroi dans le regard, la stratégie de survie et la détresse intime, quasi irrémédiable, transpercent le cœur du spectateur.


La violence conjugale en France

Les meurtres. En 2016, 123 femmes et 34 hommes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire ; 25 enfants mineurs ont été tués par l’un de leurs parents dans un contexte de violence au sein du couple (Source : ministère de l’intérieur).

La violence physique. En 2016, 225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint. Moins d’une femme sur cinq victimes de violence déclare avoir déposé plainte. Plus de la moitié n’a fait aucune démarche auprès d’un professionnel ou d’une association (Source : Insee).

Les condamnations. En 2016, 17 660 personnes ont été condamnées pour des violences sur leur partenaire ou ex-partenaire. 96 % sont des hommes.

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La Croix
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Tarif - 14ans : 4,50€