X

Petit lexique d'accessibilités

PMR :
Personne à Mobilité Réduite

Sous-Titres SME :
Films sous-titrés en français avec sous-titres supplémentaires décrivant l'environnement sonore à l'intention des spectateurs malentendants.

AD :
Film diffusé en Audio-Description. Ce dispositif permet aux spectateurs non-voyants d'utiliser un récepteur muni d'un casque afin d'entendre des commentaires à propos de l'environnement visuel de l'action. Nous recommandons à nos amis non-voyants de venir avec leur casque personnel muni d'une fiche mini jack standard. Ce dispositif est non audible par les spectateurs n'utilisant pas le système.

Vite, une toile!.. aujourd'hui...

Informations

Petit lexique accessibilité

Abonnez-vous !!!

Inscrivez-vous pour recevoir la lettre d'information du Club

Prochainement

Petite amie (Barash)
Israël | 2016| 1h25
Réalisation : Michal Vinik
Avec : Sivan Noam Shimon (Naama Barash), Hadas Jeid Sakuri (Dana Hershko), Dvir Bendak (Gidon Barash), Irit Pashtan (Michal Barash), Bar Ben Vakil (Liora Barash)
Version originale (hebreu) sous-titrée en français
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Naama Barash est une jeune femme de 17 ans qui aime faire la fête avec ses amis et les excès que cela comporte. Tout ce qui peut lui faire oublier sa vie familiale difficile et la disparition inquiétante de sa sœur, enrôlée dans l’armée. Elle tombe éperdument amoureuse de la nouvelle fille du lycée, Dana, un premier amour qui va donner un autre sens à sa vie.

Imprimer la fiche film

Petite amie
par Frédéric Mignard




Notre avis : Petite Amie a pas mal tourné dans les festivals avant de finalement réussir à sortir dans sa patrie, en Israël, en 2016, puis en France, un an plus tard. La tournée des circuits n’a pas trop abîmé le film qui demeure toujours aussi frais. La réalisatrice Michal Vinik donne un cachet de documentaire à l’image, cru, sans trop de chichi esthétique. Elle cerne les visages au plus près, les corps en mouvement dans une société où la jeunesse essaie de s’extirper, par la drogue et la fête, du prêchi-prêcha religieux et familial d’une société repliée sur ses rituels.

L’initiation par la rébellion -comportementale, capillaire, et sentimentale-, s’effectue à deux niveaux, celui de deux sœurs, élevées dans les canons d’une famille lambda, sans oppression véritable de la part du paternel. L’une tombera amoureuse d’un Arabe, l’autre, notre héroïne, d’une lycéenne, sorte de Louane sous ecsta... La vision politique et l’engagement militant restent maigres. La réalisatrice ne distribue ni les bons ni les mauvais points, préférant illustrer la société dans laquelle elle a grandi par le bouillonnement de ses protagonistes qui volent forcément la vedette au casting masculin, même lorsqu’elles sont absentes (le mystère autour de la disparition de la grande sœur). Moins dans les rebondissements narratifs, assez primaires et prévisibles, que dans sa réalisation assez vive, Petite Amie ne manque pas de rythme. Et sa jeunesse déchirée, aussi paumée soit-elle, n’est pas infréquentable.



Lien vers l'article complet

AvoirAlire
Petite amie
par Danielle Lambert




Tout comme son titre ou son ouverture, le premier long-métrage de la réalisatrice israélienne Michal Vinik offre une apparence trompeuse. Sous couvert de filmer une romance lesbienne adolescente, Petite Amie nous montre jusqu’où peuvent se nicher les rapports de pouvoir d’une société militarisée et très hiérarchisée.

Léger et aérien comme une bulle, ou comme une bluette adolescente, Petite Amie nous emmène plus loin qu’il n’y paraît. Il s’agit de ne pas croire ses images voire ces clichés d’une rencontre de deux lycéennes, avec ses ralentis soyeux et ses contrejours solaires dignes d’une pub pour boisson d’ados. En nous plongeant à la fois dans une société, celle d’Israël, une famille dysfonctionnelle, une communauté lesbienne, le film semble plutôt interroger ce qu’il en est de certaines marginalités adolescentes, de leur viabilité, et de la façon dont elles peuvent reproduire les subversions d’un pouvoir contre lequel elles semblent s’affirmer.

Au départ, voici Naama, actrice non professionnelle comme les autres, lycéenne de 17 ans qui, sous ses dehors tranquilles, résiste à la violence de son père par une morne indifférence, et à la norme sociétale par de douces échappées chimiques. Naama vit dans l’ombre d’une sœur enrôlée dans l’armée et qui vient de disparaître, Liora. Deux trajectoires rebelles qui vont imprimer les lignes de tension du film et révéler les problèmes de lien – ou de manque de lien – de leur famille. Le père, violent, anti-palestinien, ultra-conservateur, qui a fait la guerre au Liban et souffre probablement d’un syndrome post-traumatique, ne sait comment communiquer sans agresser. Alors c’est sa fille qu’il somme d’aller vers les autres, pour parler. La mère, le lycée, la société échouent également à saisir, cerner, insérer l’adolescente boudeuse et mélancolique. Arrive une nouvelle venue, Dana, punk, sexy, authentiquement transgressive, qui illumine littéralement le film et l’existence de Naama. La ressemblance avec La Vie d’Adèle s’arrête ici, et pas seulement parce que les actrices de Petite Amie sont elles-mêmes homosexuelles.

Commence pour Naama un premier et grand amour, flamboyant, enivrant qui lui fait découvrir sa bisexualité explosive et l’extase des drogues dures. Grand amour ou passion dérivatrice, qui répond parfaitement à la règle d’être une histoire interdite, tout comme l’est l’histoire d’amour de Liora avec un Palestinien pour lequel elle a déserté. Transgression des limites en territoires occupés, séductions détournant l’ordre social mais dont les rituels deviennent de nouvelles règles*.

Se dessinent alors les lignes de fuite nécessaires, tragiques, vouées à l’échec, des deux sœurs qui défient chacune à sa manière la violence des institutions, celles de la famille, celle de l’armée, celle de la société. Car comment s’affirmer autrement face à une autorité qui laisse peu de place et peu de droit à la parole ?

Mais il en est des marginalités comme il en est des œuvres d’art ; elles se jugent à leur pouvoir de durer et faire durer leur transgression. La séduction de Naama par Dana sent beaucoup moins le soufre que celle de Dana par Dracula, femme-dragon perverse, sado-masochiste, caricature du pouvoir et de l’autorité, pour laquelle Dana quittera Naama. Et le dernier plan du film qui se referme comme une porte sur toutes les issues alternatives résonne, hélas, comme la morale un brin abrupte d’une fable à laquelle nous avons pourtant aimé croire pendant un court moment, une heure et vingt-deux minutes exactement.

Parmi ses références, Michal Vinik cite volontiers Todd Haynes, Todd Solondz ou Paranoïd Park. Si l’art de Gus Van Sant de filmer les lignes de fuite d’une adolescence sans horizon comme autant de transgressions de territoires répressifs peut évoquer celui de la réalisatrice, si le thème de l’homosexualité contrariée peut le lier à celui de Todd Haynes dans Carol ou de Todd Solontz, Michal Vinik semble cependant œuvrer dans l’évanescence et la distance, sans forcément de mise en relief autre que celle qu’impose la jeune Jade Sakori, trouvée dans la rue, pure météorite punk, immédiatement attachante et hypnotisante, découverte majeure de ce film qu’elle porte et transporte.

*De la séduction, Jean Baudrillard, éditions Galilée 1979.

Lien vers l'article complet

Culturopoing
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,60 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 5,80€ / 12 places : 5€
Tarif - 14ans : 4,50€