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Une intime conviction
France | 2018| 1h50
Réalisation : Antoine Raimbault
Avec : Olivier Gourmet, Marina Foïs, Laurent Lucas
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

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Une intime conviction - la critique du film
par Laurent Cambon




Un coup de force cinématographique dont l’ambition est autant celle de décrire la machinerie judiciaire que de mettre à l’honneur les trois monstres de cinéma que sont Marina Foïs, Olivier Gourmet et Laurent Lucas.

Notre avis : Ils occupent l’écran d’un bout à l’autre du film avec une force et une conviction rares au cinéma. On nommera d’abord Laurent Lucas, qui interprète Jacques Rugier, muré dans un silence après dix ans de procédures judiciaires dont on sait, dès le début du film, qu’il est blanchi en première instance de la disparition de sa femme ; puis, citons le formidable Olivier Gourmet qui endosse la robe et la verve de l’avocat Dupont-Moretti, reconnu pour sa capacité à obtenir le non-lieu dans des affaires perdues d’avance ; enfin saluons Marina Foïs qui interprète une mère de famille, persuadée de l’innocence du prévenu et qui s’invente un rôle d’assistante juridique auprès du fameux ténor du barreau. Il faut beaucoup d’expérience pour mettre en scène de pareils comédiens et pourtant, Une intime conviction constitue le premier long-métrage d’Antoine Raimbault après quatre courts. Le jeune réalisateur fait montre d’une véritable bravoure en filmant ses trois comédiens, sans jamais sombrer dans l’exagération ou la fausse note.

La réussite est incontestable. Si les premières séquences font craindre une énième réflexion sur les rouages d’une justice française, naturellement expéditive et maladroite, le récit nous entraîne en réalité dans une affaire complexe, sombre, celle d’un homme qu’on accuse du meurtre de sa femme, alors même que son corps n’a jamais été retrouvé et que son amant a orchestré un acharnement médiatique contre l’accusé. Le cinéaste pose la question sensible de la responsabilité des magistrats et des jurys populaires à juger des femmes et des hommes, en l’absence de preuves. On suit alors ce procès en appel, à la fois comme un roman policier, mais surtout comme une réflexion éthique et philosophique sur les liens ténus entre conviction personnelle, objectivité et procédure juridique.

Le cinéaste connaît bien la justice pour fréquenter régulièrement les bancs des juridictions d’assises ou pénales. Mais il s’intéresse aussi à la façon dont ses personnages habitent les instances judiciaires. Nora est emportée dans une frénésie de la justice, là où Dupont-Moretti se méfie de l’institution et des jeux de pouvoir qui la hantent. Le spectateur est emporté avec ces deux figures fragiles et déterminées à la fois, dans un récit palpitant et à la limite du vacillement. Les coups de théâtre surgissent et donnent un rythme passionnant au récit.

Véritable coup de force cinématographique, Une intime conviction ravira tous les spectateurs avides d’histoires policières rocambolesques qui ne se base pas sur l’esbroufe. La mise en scène évite les courses-poursuites, le grand spectacle, pour se centrer sur la comédie du monde qui se joue à l’intérieur des tribunaux. L’humanité est montrée dans ce qu’elle peut avoir de pire et de plus touchant. C’est un film qui rend hommage à la justice certes, mais surtout aux plaidoiries magistrales des avocats dont on comprend que la vérité des crimes ne se résout pas dans le recours aux textes juridiques mais dans le pouvoir de conviction des mots.

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AvoirAlire
♥♥♥ "Une intime conviction"
par Jérôme Garcin




La robe noire d'avocat pénaliste sied très bien à Olivier Gourmet (il l'avait déjà endossée, en 2002, dans "Une part du ciel", de Bénédicte Liénard). Surtout quand il s'agit, pour lui, d'incarner le très affairé et sanguin Eric Dupond-Moretti, dont la réputation tient non seulement au grand nombre d'acquittements qu'il a obtenus, mais aussi à la puissante rhétorique de ses plaidoiries. Celle qui clôt, en mars 2010, le procès en appel de Jacques Viguier, devant la cour d'assises du Tarn, est une manière de chef-d'œuvre : balayant de son épitoge un dossier devenu un concours Lépine de l'hypothèse", démontrant point par point qu'il ne contient aucune preuve de culpabilité, mais beaucoup de calomnies, s'étonnant que l'accusé "paie depuis dix ans pour un crime dont il a été acquitté par une première cour", Dupond-Moretti finit par s'adresser à chaque juré, les yeux dans les yeux : "J'ai besoin de six, de douze, de quinze hommes en colère. Demain, 21 mars, est le jour de la Saint-Clémence." Après six heures de délibération, le verdict est prononcé : l'acquittement, et Jacques Viguier, libéré. Son avocat y ajoute, en artiste du verbe, une dernière touche : "Ce n'est pas une victoire de la défense, c'est une victoire de la justice !" Si Olivier Gourmet excelle dans ce rôle en or, c'est aussi qu'il en connaît les secrets : les grands comédiens sont les meilleurs avocats des personnages qu'ils interprètent, et il n'est pas de grands avocats qui ne soient, aussi, des comédiens.

Dans le premier film, d'une rigueur et d'une virtuosité pareillement impressionnantes, Dupond-Moretti n'est saisi de l'affaire qu'en cours de route. Soupçonné, en 2000, par les enquêteurs du SRPJ d'avoir tué sa femme, qui le trompait et qu'il trompait, Jacques Viguier, prof de droit à l'université de Toulouse, est jugé en 2009 et acquitté, mais le procureur interjette appel du verdict. C'est là qu'entre en jeu, pour le deuxième procès, tel un sauveur, le ténor du barreau, auquel – seule concession à la fiction – une jeune cuisinière, Nora (Marina Foïs), persuadée de l'innocence de l'impénétrable Viguier (Laurent Lucas), va apporter son soutien et même son aide logistique. A la fois dans l'enceinte du tribunal, pour un procès palpitant, et à ciel ouvert, pour la contre-enquête, ce film aux allures de thriller montre alors, de manière irréfutable, comment se fabrique, en vertu de l'article 353, et à défaut de vérité absolue, une intime conviction. S'il est ici beaucoup question du doute, pas un instant on ne doute du talent de son jeune réalisateur ni de ses promesses.

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L'obs
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