Vite, une toile!.. aujourd'hui...

Informations

Abonnez-vous !!!

Inscrivez-vous pour recevoir la lettre d'information du Club

Prochainement

The Spy Gone North
Corée du Sud | 2018| 2h21
Réalisation : Yoon Jong-bin
Avec : Jung-Min Hwang, Sung-min Lee, Ji-hoon Ju
Version originale (VO) sous-titrée en français
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Séoul, 1993. Un ancien officier est engagé par les services secrets sud-coréens sous le nom de code "Black Venus". Chargé de collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord, il infiltre un groupe de dignitaires de Pyongyang et réussi progressivement à gagner la confiance du Parti. Opérant dorénavant en autonomie complète au coeur du pays le plus secret et le plus dangereux au monde, l’espion "Black Venus" devient un pion dans les tractations politiques entre les gouvernements des deux Corées. Mais ce qu’il découvre risque de mettre en péril sa mission et ce pourquoi il a tout sacrifié.

Imprimer la fiche film

The Spy Gone North Un étourdissant jeu de dupes, d’un cynisme absolu
par Sébastien Mauge




« Black Venus ». Ce nom de code est celui d’un héros très discret, ancien militaire sud-coréen recruté par les services secrets dans les années 1990 afin d’espionner Pyongyang et son programme nucléaire. Nul hasard si le titre anglais évoque L’espion qui venait du froid de John Le Carré. L’histoire de The Spy gone north possède la densité des romans d’espionnage du maître britannique et partage sa vision de l’absurdité de la guerre froide, qui joue ici les prolongations dans une Corée divisée.

Lui-même scindé en deux, le film déroule dans un premier temps le récit complexe de l’enrôlement de Black ­Venus — les étapes de son infiltration et la relation de confiance instaurée avec un dignitaire nord-coréen qui lui sert de porte d’entrée pouvant rappeler le duo formé par Johnny Depp et Al Pacino dans Donnie Brasco. On se laisse volontiers balader par le montage galopant et la mise en scène fluide, qui n’empêche pas de retomber sur nos pieds grâce aux enjeux, très clairs, et à la présence de figures classiques du genre (taupes, traîtres…). Toute cette partie tend vers un point de rupture drôle et grinçant, une scène où le temps se suspend enfin : la rencontre avec le leader nord-coréen, Kim Jong-il, qui, avec sa petite taille et son petit chien-chien, évoque une caricature effrayante et ridicule — comme tout dictateur — d’un méchant chez James Bond.

La suite est un enthousiasmant jeu de dupes entre les deux Corées, à la fois cynique et profondément humain. Les identités se brouillent. Les actions sincères des hommes de l’ombre ne pèsent pas lourd face au « spectacle » vendu au peuple. La morale est amère. Pour régner, on a toujours besoin d’un ennemi. Tourné avant les récentes tentatives d’apaisement entre les deux pays, le film invite à ne pas s’y fier. Les poignées de mains factices cachent souvent des symbioses mortifères.

Lien vers l'article complet

Télérama
THE SPY GONE NORTH : chronique
par Emmanuelle Spadacenta




Comme JSA de Park Chan-wook, THE SPY GONE NORTH se saisit du conflit coréen nord/sud pour raconter le désastre humain.

Alors que l’on vit actuellement un rapprochement entre les deux Corées, sort THE SPY GONE NORTH, histoire vraie d’un espion sud-coréen infiltré au Nord dans les années 1990 sous le nom de code Black Venus pour récolter des informations sur le programme nucléaire de Kim Jong-il. Mais sa position-clé, à cheval sur les deux camps, lui donne une certaine hauteur de vue sur les relations complexes qu’ils entretiennent. Sa présentation en Séance de minuit au dernier Festival de Cannes est trompeuse. THE SPY GONE NORTH ne répond en rien aux sous-entendus sulfureux de cette case horaire. Au contraire, le film de Yoon Jong- bin (connu pour NAMELESS GANGSTER et KUNDO) relève davantage d’un cinéma cérébral à suspense que d’un cinéma physique typiquement coréen. Comme dans le cinéma de Spielberg, un grand personnage un peu banal – lui-même incarné par l’un des meilleurs acteurs sud-coréens actuels, Hwang Jung-min – va revendiquer la place de l’humain dans un système déshumanisant. Lui, seul contre tous, ramène la guerre psychologique et nucléaire à hauteur d’homme. Ses convictions bercées par les certitudes du monde libre, il va confronter sa définition de la démocratie à sa définition de la dictature et négocier sa désillusion. Joignant le geste au message, Yoon Jong-bin fait d’abord un vrai film de personnages, privilégiant une mise en scène discrète et subtile, rapprochant par le symbole, le verbe et l’espace les deux Corées, aux effets de réalisation spectaculaires et dynamiques du thriller typique. Déterminante dans l’énergie désespérée du film, la silhouette élégante de Hwang Jung-min, dont le joyeux dégingandage se brise soudain en un accablement bouleversant, et son visage assombri par la détresse est soudain illuminé par la malice. Film complexe, reflet d’une tension inextricable, THE SPY GONE NORTH ose traiter Kim Jong-il comme un vrai méchant, défini par des motivations, des réflexions, des émotions, là où le cinéma se contente souvent, par peur de pécher par excès de psychologie, d’aborder ce genre de personnages comme des pantins du mal. Il n’y a rien qui rende plus honneur aux héros que de leur écrire des antagonistes qui en soient dignes. La deuxième heure, quand les enjeux se durcissent et deviennent plus concrets, est indubitablement plus efficace que la première, trop confuse. Le film peine à démarrer et son jeu de piste entre Séoul, Pékin et Pyongyang peut même décourager les plus attentifs. Mais quand il décolle et prend ses personnages par les grands sentiments, THE SPY GONE NORTH résonne avec les peurs et les émotions contemporaines de la plus fulgurante des manières.

Lien vers l'article complet

Cinéma Teaser
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€