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L'Amour flou
France | 2018| 1h37
Réalisation : Romane Bohringer, Philippe Rebbot
Avec : Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Rose Rebbot-Bohringer
Version originale (VO) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Romane et Philippe se séparent. Après 10 ans de vie commune,deux enfants et un chien,ils ne s’aiment plus. Enfin… ils ne sont plus amoureux. Mais ils s’aiment,quand même. Beaucoup.Trop pour se séparer vraiment? Bref…C’est flou. Alors,sous le regard circonspect de leur entourage,ils accouchent ensemble d’un «sépartement »:deux appartements séparés,communiquant par…la chambre de leurs enfants! Peut on se séparer ensemble? Peut-on refaire sa vie,sans la défaire?

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"L'Amour flou", le premier film fou fou fou de Romane Bohringer
par Jacky Bornet




"L'Amour flou", le premier film fou fou fou de Romane Bohringer

Il suffit d’une lettre pour changer le sens. De "l'amour fou", l'on passe à "L'Amour flou", titre du premier film de Romane Bohringer cosigné avec son "ex", Philippe Rebbot, et écrit à quatre mains sur leur rupture et leur emménagement dans le même appartement, séparé par la chambre des enfants. Histoire vraie, invraisemblable, racontée avec un humour irrésistible. Prix du Public à Angoulême.


Intimité décalée Une histoire de fous, mais aussi une histoire floue. Rarement film aura autant imbriqué histoire vraie et fiction que "L'Amour flou", tant Romane Bohringer et Philippe Rebbot ont tenu à raconter leur séparation iconoclaste sur un ton décalé. Tous deux portent leur nom véritable dans le film et c’est toute la famille Bohringer-Rebbot qui y passe, les enfants, les parents, le chien (?)… En soi, c’est troublant. Exhibitionnisme ? Pas du tout.

C’est l’histoire banale d’un couple de dix ans d’âge avec enfants qui se sépare. Mais c’est aussi l’histoire sans pareil d’un couple séparé qui décide de vivre ensemble… Une expérience hors normes qu’ont vécu Romane Bohringer et Philippe Rebbot et qu'ils ont décidé de raconter. Si l’autobiographie entre souvent dans le champ des possibles au cinéma (c’est souvent le cas des premiers films, comme celui-ci), elle est rarement aussi intime que dans "L'Amour flou". Je t’aime, malgré tout

Mais ce n’est pas tant cette intimité qui fait la valeur du film. C’est sa transposition dans une fiction totalement assumée. Un décalage infime et subtil produit une comédie d’une drôlerie constante, avec un comique de situation et des dialogues qui font mouche à chaque réplique. Ou presque. Avec toujours cet amour qui porte le film. Nous ne sommes plus dans le "Je t’aime, moi non plus", ou le "Ni avec toi, ni sans toi", dramatiques, mais dans un "Je t’aime, malgré tout".

Alors que le cinéma français tourne à tour de bras les comédies, genre préféré des Français à la jauge du box-office, "L'Amour flou" démontre qu’il peut être reformulé grâce à la sincérité d’auteurs entiers qui croient en leur projet. Très belle performance, réalisée avec deux euros, six cents, compensés par une inventivité dans l’écriture et le jeu des acteurs. Hormis Romane Bohringer et Philippe Rebbot excellents, saluons les apparitions de Reda Kateb, en misanthrope amoureux des chiens, hilarant.

Réussir à faire rire sur une séparation relève d’une gageure. Alors l’on dira, quid des enfants qui se trouvent dans ce "sas", leur chambre étant entre les deux appartements séparés ? Victimes collatérales, égoïsme des parents ? Mais non, c’est tout autour d’eux que cette vie nouvelle se construit. Par tous les bouts, "L’Amour flou" est une preuve d’amour. Un des meilleurs films du Festival du Film francophone d’Angoulême où il a remporté le Prix du Public. Optimiste à toute épreuve.

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Culturbox
"L'Amour flou": la comédie qui donne envie d'être en couple
par Emily Barnett




Romane et Philippe filment leur rupture puis leur emménagement dans deux appartements reliés par la chambre des enfants. Une (vraie-fausse) comédie de remariage rouée, malicieuse et très attachante.

Romane Bohringer et Philippe Rebbot, les coréalisateurs du film, se sont aimés pendant dix ans. De leur union sont nés deux enfants. Puis un jour, ils ont cessé d’être amoureux. Ils ont vendu leur maison sans pour autant se faire à l’idée de vivre dans deux endroits séparés, de briser leur foyer, de balader leur progéniture un coup chez papa, un coup chez maman. Le couple a eu alors cette idée pas banale : emménager dans deux appartements autonomes, mais qui communiqueraient par la chambre des enfants.

L’Amour flou raconte cette histoire, leur histoire, donc, et il faut dire d’abord ce qu’il y a de troublant à aller découvrir un film qui serait un peu le journal intime d’un couple de cinéma qu’on connaît – assez bien pour l’une (fille de Richard, interprète enfiévrée des Nuits fauves, désormais surtout investie dans des projets de théâtre) et un peu pour l’autre (second rôle lunaire de comédies d’auteur françaises). La crainte pour le spectateur étant de se retrouver témoin forcé d’une psychanalyse de couple, l’arbitre d’un duel nombriliste et autocentré.

Mise en abîme et autodérision
Mais nous voilà rassurés : dès le départ, L’Amour flou montre “Romane” et “Philippe” englués dans leur psychanalyse respective, au bord de la crise de nerfs après leur récente séparation. Mise en abîme et autodérision sont au rendez-vous. Tout cela n’est donc pas juste une blague de potes, un délire conjuratoire, mais bien un film écrit, pensé, avec dialogues et personnages, autrement dit, une fiction.

Une fiction qui s’ancre dans la comédie de remariage. Car, qu’elle le veuille ou non, cette histoire de désunion s’achemine vers des retrouvailles. Comme dans les films de George Cukor, Howard Hawks ou Frank Capra, un nouveau lien va naître à la fin, dans un havre idyllique à la campagne. “Romane” et “Philippe” pourront revenir à eux tout en passant à autre chose. Fin paradoxale, belle pour cette raison, après ô combien de quiproquos, disputes, malaises et situations abracadabrantesques par lesquels va devoir passer le couple fraîchement désuni.

Comme dans un vaudeville bien réglé
Tout cela grâce (ou à cause) d’un lieu, sorte d’aberration immobilière et utopique pour gens divorcés. Soit deux apparts reliés par la chambre d’enfants. L’Amour flou fait preuve d’une ruse infinie en s’aventurant sur le terrain, en partie non psychologique, d’un comique de situation. Le film accueille les accidents et malentendus du couple prisonnier de cette nouvelle configuration, comme dans un vaudeville bien réglé, et culmine lors d’une scène où le “plan cul” de l’un entrant en collision avec le baby-sitter de l’autre. Dans le sas commun aux deux foyers, ils vivent alors un vrai coup de foudre.

Il y a mille conséquences à cette colocation étrange et la générosité des auteurs tient autant au regard amusé qu’ils posent sur leur situation qu’à leur capacité à enregistrer les dommages heureux de cette entreprise calamiteuse sur leur entourage, parents et voisins : père SDF, couple gay en attente d’une GPA, expert en psychologie canine incarné par un formidable Reda Kateb, ou encore la vraie Clémentine Autain, députée de la France insoumise, en promeneuse solitaire et cible amoureuse potentielle…

Par-dessus tout, il y a jouissance à s’engueuler. Bohringer et Rebbot se sont, sans doute, beaucoup disputés. Ils connaissent les phrases qui blessent, les coups bas et les petites lâchetés de chacun. Et ne se privent pas pour faire fructifier ce trésor. Mais qu’elle soit tendre, fielleuse, ou insultante, triviale ou “méta”, la phrase relève toujours d’un cheminement moral : ce trajet qui va de la mort à la renaissance, et permet la résurrection d’un lien fusionnel. Comme Katharine Hepburn et Cary Grant soumis à l’ivresse (Indiscrétions) et aux accidents ubuesques (L’Impossible Monsieur Bébé), “Romane” et “Philippe” doivent admettre qu’ils sont, à leur manière – ce film tourné à deux en est la preuve –, inséparables.

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Les Inrocks
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Art & Essai
Europa Cinéma
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