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Petit lexique d'accessibilités

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Films sous-titrés en français avec sous-titres supplémentaires décrivant l'environnement sonore à l'intention des spectateurs malentendants.

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Titli, Une chronique indienne
Inde | 2015| 2h07
Réalisation : Kanu Behl
Avec : Shashank Arora, Shivani Raghuvanshi, Ranvir Shorey
Version originale (indien) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Dans la banlieue de Delhi, Titli, benjamin d’une fratrie de braqueurs de voitures, poursuit d’autres rêves que de participer aux magouilles familiales. Ses plans sont contrecarrés par ses frères, qui le marient contre son gré. Mais Titli va trouver en Neelu, sa jeune épouse, une alliée inattendue pour se libérer du poids familial…


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Lu dans Télérama
par Guillemette Odicino

Il faut qu'il parte, Titli. Qu'il s'en sorte. Il étouffe sous la coupe de son père et de ses frères, magouilleurs minables, voleurs de voitures qui le forcent à être complice de leurs méfaits et peuvent aller jusqu'à massacrer un type à coups de marteau sous ses yeux. Pour fuir, pour être libre, enfin, Titli (son prénom signifie « papillon ») n'a qu'un rêve : acheter un parking. Cette ambition va devenir un véritable parcours du combattant. Etre indépendant coûte cher. L'argent est sale, toujours, et impossible de faire confiance à quiconque, surtout pas à la police, corrompue jusqu'à la moelle. De quoi transformer un jeune homme asservi et innocent en oppresseur. En salaud, lui aussi... Bienvenue dans la banlieue de Delhi, sa misère qui colle à la peau, son économie parallèle, son système patriarcal qui broie les individus. Ce premier long métrage indien, présenté l'an dernier à Cannes dans la section Un certain regard, est un choc. On est à l'opposé des romances à l'eau de rose bollywoodiennes : dans le minable garni où les hommes du clan s'entassent, le père végète toute la journée devant la télévision en robe de chambre, et le frère aîné, en marcel crasseux, se racle bruyamment la gor­ge pour mieux cracher dans le lavabo. Quand il ne fomente pas un coup foireux, il roue de coups un pauvre ­livreur qui a le malheur de lui tenir tête. On est à mi-chemin entre le drame social et le polar poisseux : entre Affreux, sales et méchants, d'Ettore Scola, et Les Affranchis, de Martin Scorsese. Avec une caméra toujours en mouvement, le jeune réalisateur indien capte chaque détail du quotidien. A la manière d'un reporter, il suit les trajets à moto de son héros, entre le cloaque périphérique et le centre-ville moderne où les hommes en costume ne sont pas plus civilisés que les miséreux. Deux mondes, mais le même bruit, la même fureur, la même rapacité. Comment trouver sa place entre ces deux enfers ? Grâce à une femme. Marié contre son gré, Titli va trouver en sa jeune épouse une alliée surprise. Car cette jeune fille forcée à vivre (et à servir) dans la promiscuité masculine a un secret... C'est en observant les femmes, leur courage, leur ingéniosité, leur dévouement que le réalisateur condamne avec le plus de force la ­société indienne patriarcale : fières et décidées à ne plus se taire, à ne plus être à la merci des hommes, au risque d'être battues comme plâtre, les femmes du film sont magnifiques. Et c'est à elles, à l'arraché, que Kanu Behl donne raison, après avoir fait vomir à son héros (au sens propre du terme ) la violence qui s'installait en lui. Elles incarnent l'avenir, le vent du changement, la belle fuite en avant. Impossible de tuer le père sans elles.

telerama.fr
Lu sur avoir-alire.com
par Virginie Morrisson

Le cinéma indien présente un nouveau film qui témoigne de l’émergence d’une Nouvelle vague, loin des images fantaisistes de la production Bollywood. La place de la femme est ici remise en cause dans un long-métrage qui n’hésite pas à dénoncer la société indienne patriarcale. Argument : Dans la banlieue de Delhi, Titli, benjamin d’une fratrie de braqueurs de voitures, poursuit d’autres rêves que de participer aux magouilles familiales. Ses plans sont contrecarrés par ses frères, qui le marient contre son gré. Mais Titli va trouver en Neelu, sa jeune épouse, une alliée inattendue pour se libérer du poids familial… Notre avis : Il se passe quelque chose en Inde. A l’image de la société, le cinéma indien est en pleine mutation, et une nouvelle vague émerge avec des réalisateurs comme Dibakar Banerjee et Anurag Kashyap et son excellent Gangs of Wassepur. La sélection de ce premier film de Kanu Behl en tant que réalisateur et scénariste au Festival de Cannes 2014, dans la section Un certain regard, est la preuve que le septième art en Inde traverse une période très excitante et est en train de se réinventer. Récit d’une métamorphose, le film montre comment un jeune garçon innocent et opprimé au sein d’une famille et d’une société patriarcales se transforme à son tour en oppresseur. Le long-métrage suit le parcours du jeune Titli qui tente par tous les moyens d’échapper au cercle vicieux familial formé par son père et ses deux frères aînés, dont l’un essaye de l’entraîner dans ses trafics. Au-delà d’une simple histoire familiale, le film dresse le portrait de la société indienne d’aujourd’hui, société où les castes les plus pauvres expriment enfin leur frustration face à une classe émergente qui évolue et s’enrichit dans les grandes villes comme Delhi. Ces deux mondes qui cohabitent difficilement se rencontrent de manière brutale dans Titli. Il s’agit ici de montrer les désillusions de la jeunesse indienne en abordant différents thèmes, notamment le mariage forcé, la pauvreté, la violence et les fantômes qui hantent encore certaines familles, dans lesquelles le poids des ancêtres joue un rôle capital. Le réalisateur a pris le parti de rompre avec la fantaisie de Bollywood pour livrer un portrait brut et sans concession de l’Inde moderne. Alors que les films bollywoodiens sont majoritairement tournés en studio, Titli multiplie les plans en extérieur et ne cherche pas à enjoliver quoique ce soit. Le public occidental vivra ainsi 2h07 de dépaysement absolu, entre la ville de Delhi, ses routes, ses quartiers huppés et ses bidonvilles. Mais ce réalisme total est-il vraiment une bonne idée finalement ? La violence qui habite chaque relation dans le film est tellement excessive et palpable que l’on ne peut que se demander si notre regard occidental ne juge pas cette société indienne qui se découvre. Se détacher d’un jugement préalable semble bien difficile ici. Alors que les Bollywood et leurs images d’Épinal sont très critiqués, les films indiens qui poussent le réalisme à son paroxysme pourraient bien desservir la cause des cinéastes de la nouvelle vague, qui ne veulent plus aucun enjolivement et livrent la réalité brute. Certes, il ne s’agit pas de montrer une belle image de l’Inde. Alors que le public français a tendance à critiquer, voire à rire, de la falsification volontaire véhiculée par les Bollywood, il risque paradoxalement d’avoir des difficultés à croire à l’histoire de Titli. A force de vouloir jouer sur le réalisme, le réalisateur ne serait-il pas tombé dans le surréalisme ? Fort heureusement, la galerie de personnages rattrape les quelques maladresses, en s’appuyant sur des acteurs débutants. La jeune Shivani Raghuvanshi surprend dans le rôle d’une femme forte qui prend peu à peu le dessus sur un mari que ses parents lui ont imposé. Film anti-patriarcal, Titli témoigne ainsi de la prise de pouvoir des femmes en Inde. Toutes les femmes dépeintes sont fortes et compensent l’attitude violente et excessive des hommes. Récit d’une métamorphose, le film évoque les transformations d’une société en pleine mutation, dont le septième art devrait rapidement se faire l’écho en osant aborder des sujets tabous et en évoquant sans détour ce que les cinéastes considèrent comme des gageures dans un pays qu’ils aiment et défendent. Titli ne devrait être que le début d’une longue série de films indiens dont l’intérêt, les motivations et la qualité vont aller crescendo. On en redemande !

http://www.avoir-alire.com/titli-une-chronique-indienne-la-critique-du-film


5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,60 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 5,80€ / 12 places : 5€
Tarif - 14ans : 4,50€