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Petit lexique d'accessibilités

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Oh Lucy!
Japon | 2017| 1h35
Réalisation : Atsuko Hirayanagi
Avec : Shinobu Terajima, Josh Hartnett, Koji Yakusho
Version originale (japonais) sous-titrée en français
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  • dimanche 18 février 20:30----
  • lundi 19 février 21:30----
  • mardi 20 février 21:30
  • Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Setsuko mène une vie solitaire et sans saveur à Tokyo entre son travail et son appartement, jusqu’à ce que sa nièce Mika la persuade de prendre sa place à des cours d’anglais très singuliers. Cette expérience agit comme un électrochoc sur Setsuko. Affublée d’une perruque blonde, elle s’appelle désormais Lucy et s’éprend de John son professeur ! Alors, quand Mika et John disparaissent, Setsuko envoie tout balader et embarque sa sœur, dans une quête qui les mène de Tokyo au sud californien. La folle virée des deux sœurs, qui tourne aux règlements de compte, permettra-t-elle à Setsuko de trouver l’amour ?


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Oh Lucy ! - la critique du film
par Gérard Crespo




Cette version longue d’un court-métrage primé à la Cinéfondation ne manque pas de charme dans son jeu sur le langage et le choc des cultures. Malgré des baisses de régime, le film se laisse voir et est porté par des interprètes inspirés.

L'argument : Setsuko mène une vie solitaire et sans saveur à Tokyo entre son travail et son appartement, jusqu’à ce que sa nièce Mika la persuade de prendre sa place à des cours d’anglais très singuliers. Cette expérience agit comme un électrochoc sur Setsuko. Affublée d’une perruque blonde, elle s’appelle désormais Lucy et s’éprend de John son professeur ! Alors, quand Mika et John disparaissent, Setsuko envoie tout balader et embarque sa sœur, dans une quête qui les mène de Tokyo au sud californien. La folle virée des deux sœurs, qui tourne aux règlements de compte, permettra-t-elle à Setsuko de trouver l’amour ?

Notre avis : Le film est une « extension » du court-métrage singapourien éponyme primé à la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2014. Co-production américano-japonaise, Oh Lucy ! le long métrage s’inscrit dans la lignée des œuvres ayant abordé la confrontation entre les cultures occidentale et nippone, du Pont de la rivière Kwaï à The Pillow Book et Lost in Translation en passant par Furyo et Stupeur et tremblements. Si le film d’Atsuko Hirayangi est loin de valoir ces modèles et s’inscrit plutôt dans un registre mineur, il n’en distille pas moins un charme réel, qui tient à son ton décalé, un mélange des genres déconcertant mais audacieux, ainsi qu’un scénario se jouant des clichés linguistiques et sociétaux pour mieux les contourner. La première partie est la plus réussie, avec sa description d’un certain univers aseptisé japonais (le lieu de travail de Setsuko, les quais de métro sur lesquels patientent des usagers dociles et masqués), qui va contraster avec l’excentricité du cours d’« anglais américain ».

Atsuko Hirangi part du principe que l’apprentissage d’une langue étrangère passe par l’adoption d’une autre personnalité. Aussi, Setsuko se conforme sans rechigner à ce jeu de rôle, se laissant griser et duper par les gestes conviviaux de son formateur, au point d’adopter un comportement de midinette qui risque de lui être fatal. Dans les quarante-cinq premières minutes du film, la réalisatrice concocte ainsi des scènes de comédie cocasses, imprégnées de gravité, alors que les scènes dramatiques à venir seront quant à elles nuancées par une tonalité fantaisiste. Ce décalage est une qualité, mais tourne un peu en rond lorsque notre amoureuse décide de s’envoler pour Los Angeles, flanquée d’une sœur avec laquelle elle entretient une relation presque aussi conflictuelle que celle unissant Bette Davis et Joan Crawford dans Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?

Car là, le récit se fait plus pesant et s’enlise dans les travers d’un certain cinéma indépendant américain, essayant d’imiter (en moins bien, forcément) des œuvres signées naguère Susan Seidelman ou Steve Buscemi. Ceci dit, Oh Lucy ! reste un attachant portrait de femme en proie à la crise de la cinquantaine, et est bien porté par des acteurs inspirés, à commencer par Shinobu Terajima, l’héroïne du Soldat bleu de Koji Wakamatsu. Elle est bien épaulée par Kôji Yakusho, qui fut l’interprète de L’Anguille de Shohei Imamura, et surtout Josh Hartnett (Pearl Harbor), étonnant dans un registre éloigné de ses habituelles prestations.

https://www.avoir-alire.com/oh-lucy-la-critique-du-film

AvoirAlire
Oh Lucy ! : Traversée de l’amer
par Olivier Pélisson




Le premier long-métrage d’Atsuko Hirayanagi est une proposition hybride entre drame et comédie, légèreté et profondeur, Japon et États-Unis. En plaçant en son centre un personnage anodin, elle livre une chronique au charme discret et décalé, sur le dépassement et la mélancolie.

Lancé en mai dernier à Cannes à la Semaine de la Critique, Oh Lucy ! prolonge le court-métrage éponyme de fin d’études de la réalisatrice Atsuko Hirayanagi. Le portrait d’une femme de l’ombre, anonyme, anodine, transparente, qui mène son train-train d’existence entre boulot, métro et dodo à Tokyo. Et qui se révèle à elle-même et au monde. Ce premier long-métrage développe le voyage intime et géographique de l’héroïne Setsuko et de son avatar épanouissant Lucy, initiés dans son prédécesseur court. Une expérience schizoïde nécessaire au personnage, pour se dépasser et trouver enfin sa voie, sa singularité, dans une société annihilante. Setsuko est employée, subit le stress, la bureaucratie, les tendances suicidaires d’un univers gris et étouffant. Quand sa nièce jeune et pimpante lui offre de la remplacer en prenant des cours d’anglais auprès du sexy John, c’est la révélation. Le grain de sable dans sa vie programmée.

Le regard de la cinéaste touche. Elle révèle à la lumière ceux qui sont voués à la ternissure, via un road movie entre ses deux propres territoires, nippon et étasunien. De l’expérience personnelle comme terreau filmique. En doublant les figures, elle enrichit la ligne directrice du récit. Deux pays, deux continents, deux langues, deux sœurs, deux faces d’un même personnage, et la répétition d’un désir pour l’«Américain», prof qui révèle justement Setsuko à une dualité salvatrice, en l’affublant d’un prénom (Lucy) et d’une perruque (blonde). Un grand gaillard campé par Josh Hartnett, acteur qui a pris ses distances avec son destin programmé de star « made in Hollywood », et s’amuse ici en sorte de psy malgré lui, sur lequel le transfert se greffe, de Tokyo à la Californie. Expérience double aussi pour la réalisatrice, qui projette sur l’écran son vécu d’un tiraillement contradictoire entre la retenue japonaise et l’extraversion américaine. Trouver l’équilibre.

En tête de ligne, Shinobu Terajima assure. Elle porte Setsuko avec une vraie grâce, discrète, burlesque, émouvante. Il était temps qu’on voit à nouveau sur les écrans hexagonaux celle qui reçut le prix d’interprétation féminine à Berlin en 2010 pour Le Soldat dieu de Koji Wakamatsu. Face à elle, les solistes sont harmonieux de précision. Josh Harnett donc, en dadais charmant, Kaho Minami en sœur revêche, et l’immense Kôji Yakusho (L’Anguille, Kaïro, Babel, Hara-Kiri), en comparse de cours bienveillant. Une aventure douce-amère qui fait le tour des festivals internationaux, et a décroché deux nominations aux prochains Film Independent Spirit Awards du meilleur premier film et de la meilleure actrice.

http://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-oh-lucy-atsuko-hirayanagi/

Bande à Part
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


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Tarif - 14ans : 4,50€