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Petit lexique d'accessibilités

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L'Insulte
Liban | 2018| 1h52
Réalisation : Ziad Doueiri
Avec : Adel Karam, Kamel El Basha, Rita Hayek
Version originale (arabe) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face.


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L’insulte - la critique du film
par Claudine Levanneur




L'argument : A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l’affrontement des avocats porte le Liban au bord de l’explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face.

Notre avis : Le très inspiré réalisateur franco-libanais de L’attentat explore, avec ce tact qui le caractérise, l’incompréhension mutuelle de deux peuples. Partant d’une banale querelle de voisinage qui dégénère, il révèle au grand jour les séquelles de blessures toujours pas cicatrisées nées d’une guerre civile qui déchira le pays de 1975 à 1990, et retrace la longue bataille juridique entre un Palestinien et un Libanais qui va se transformer, peu à peu, en affrontement national.

Gavé de discours haineux vis à vis des Palestiniens, Toni (le très juste Adel Karam) adhère sans réserve au parti chrétien. Garagiste à Beyrouth, il supporte mal dans sa ville et encore moins dans son quartier la présence de ceux qu’ils considèrent comme des intrus. Il reste sourd aux désirs de sa femme enceinte de s’installer dans un coin plus calme. Il est ici chez lui et entend bien défendre son territoire. Aussi quand Yasser, (le non moins brillant Kamel El Basha) travailleur palestinien, lassé de devoir supporter quotidiennement le ruissellement des eaux usées en provenance du balcon de Toni, sur les travaux qu’il effectue pour rénover le quartier, lui propose la pose d’une corniche pour pallier à ce désagrément, Toni lui oppose une fin de non recevoir brutale. Yasser l’insulte, et effectue, malgré tout, la réparation nécessaire. Toni la démolit et exige des excuses que Yasser finira par présenter sous la seule pression de son employeur. Mais il est trop tard, l’engrenage de la discorde est amorcé et les hostilités vont grandissantes, dépassant rapidement la réalité de ces deux hommes qui sont davantage à la recherche de reconnaissance et de dignité pour leur peuple que d’un règlement de comptes individuel. Démarre alors un procès inattendu qui sans naïveté ni manichéisme nous ouvre crescendo les portes d’un conflit sans vainqueur ni perdant où l’amnistie générale s’est muée en amnésie nationale et nous laisse entrevoir, à travers le « Sharon aurait dû vous faire disparaître », lancé à l’encontre du Palestinien Yasser tandis que le chrétien Toni à qui l’on reproche d’avoir collaboré avec l’état Hébreu se fait traiter de « chien sioniste » toute l’étendue des failles d’un pays pris en étau entre milices chrétiennes et factions palestiniennes.

Toni et Yasser sont des hommes tout simplement, ni pire ni meilleur l’un que l’autre. On écoute leurs arguments, on devine leur ressentiment, on mesure leur souffrance que le réalisateur distille astucieusement donnant au récit l’intensité d’un thriller bien mené. L’attention est maintenue au sommet grâce à la force des plaidoiries captivantes des avocats des deux parties, bien vite exploitées par les politiques et la presse, nous convaincant aisément qu’il ne s’agit plus de déterminer qui a tort et qui a raison, mais bien plutôt de laisser libre cours à une colère trop longtemps refoulée. Désireux de proposer des voies vers la paix, le réalisateur opte pour un autre point de vue, celui des femmes qui œuvrent au dépassement de cette situation pour la modérer, particulièrement celles de la nouvelle génération à l’image de la jeune avocate de Yasser qui n’est autre que la fille du défenseur de la partie adverse. Bien décidée à s’éloigner de la ligne directrice de son père tant sur le plan privé que pénal, elle milite audacieusement pour le vivre ensemble et le renoncement à la haine. N’ayant d’autre ambition que d’inciter les différentes antagonistes à accomplir un pas vers l’autre afin de trouver une forme de justice au sein de cette histoire libanaise ni tout à fait blanche, ni tout à faite noire, Zaid Doueiri signe un petit chef-d’œuvre à dimension universelle résolument humain et optimiste au service d’une paix reconquise grâce à la reconnaissance et au pardon.

https://www.avoir-alire.com/l-insulte-la-critique-du-film

AvoirAlire
L'Insulte : Le feu aux poudres
par Anne-Claire Cieutat




Une simple querelle urbaine ravive des plaies enfouies et tourne au drame national dans le Beyrouth d’aujourd’hui. C’est L’Insulte, excellent film du cinéaste libanais Ziad Doueiri, servi par deux comédiens remarquables, Adel Karam et Kamel El Basha (prix du Meilleur acteur à la Mostra de Venise).

À l’origine de cette histoire, une anecdote vécue par le réalisateur libanais Ziad Doueiri. Une altercation avec son plombier a initié l’intrigue de L’Insulte. Le réalisateur de L’Attentat et de la série Baron noir y narre la trajectoire d’un mot malheureux entre un chef de chantier palestinien et un garagiste chrétien libanais. Ou comment une histoire de gouttière défaillante va générer une insulte qu’aucun mot ne guérira et dont l’onde de choc prendra d’immenses proportions.

Le scénario de Ziad Doueiri et sa coscénariste Joëlle Touma est un modèle d’écriture. Astucieux, ils savent ménager un suspense, avancent leurs pions pas à pas, font s’enchaîner les événements avec logique et fluidité, et modulent les tonalités savamment (car, oui, on rit aussi parfois face à ce drame absurde). Leurs personnages, brillamment interprétés par Adel Karam et Kamel El Basha, l’un tout en violence déployée, l’autre, tout en silences contenus, jouissent d’une vraie et belle épaisseur. À travers eux, c’est toute la complexité de l’histoire du Liban qui s’incarne et se raconte, et de façon plus universelle, la relativité des notions de victimes et bourreaux, la difficile communication entre les êtres, les effets dévastateurs de la souffrance rentrée.

L’Insulte est un film qui a du souffle et qui fait résonner fort son profond humanisme. Par l’habileté avec laquelle il place son film entre le drame intime et le film de procès, la façon subtile de faire apparaître l’intelligence sensible des personnages sous le masque de l’orgueil et les plaies des blessures jamais cicatrisées. Hormis la surcharge de musique dans la bande-son, c’est une réussite absolue. Un film utile dont on souhaite vivement la très large et durable diffusion.

http://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-linsulte-ziad-doueiri/

Bande à Part
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
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Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€