X

Petit lexique d'accessibilités

PMR :
Personne à Mobilité Réduite

Sous-Titres SME :
Films sous-titrés en français avec sous-titres supplémentaires décrivant l'environnement sonore à l'intention des spectateurs malentendants.

AD :
Film diffusé en Audio-Description. Ce dispositif permet aux spectateurs non-voyants d'utiliser un récepteur muni d'un casque afin d'entendre des commentaires à propos de l'environnement visuel de l'action. Nous recommandons à nos amis non-voyants de venir avec leur casque personnel muni d'une fiche mini jack standard. Ce dispositif est non audible par les spectateurs n'utilisant pas le système.

Vite, une toile!.. aujourd'hui...

Informations

Petit lexique accessibilité

Abonnez-vous !!!

Inscrivez-vous pour recevoir la lettre d'information du Club

Prochainement

L'Apparition
France | 2018| 2h17
Réalisation : Xavier Giannoli
Avec : Vincent Lindon, Galatea Bellugi, Patrick d'Assumçao
Film en français
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Jacques, grand reporter pour un quotidien français reçoit un jour un mystérieux coup de téléphone du Vatican. Dans une petite ville du sud-est de la France une jeune fille de 18 ans a affirmé avoir eu une apparition de la Vierge Marie. La rumeur s’est vite répandue et le phénomène a pris une telle ampleur que des milliers de pèlerins viennent désormais se recueillir sur le lieu des apparitions présumées. Jacques qui n’a rien à voir avec ce monde-là accepte de faire partie d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces événements.


Imprimer la fiche film

L'Apparition
par Samuel Douhaire




Xavier Giannoli est passionné par les imposteurs et les innocents. Dans A l’origine (2009), un escroc finissait par croire à son propre mensonge. Dans Superstar (2012), un anonyme devenait célèbre du jour au lendemain sans raison. Dans Marguerite (2015), une grande bourgeoise se rêvait cantatrice alors qu’elle chantait comme une casserole. Anna, la bouleversante héroïne de L’Apparition, affirme, elle, avoir vu la Vierge Marie lui apparaître dans les Alpes. La jeune novice au visage d’ange (Galatéa Bellugi, extraordinaire révélation) le dit avec douceur mais détermination : « Je ne suis pas une menteuse. » Son confesseur la croit. Des milliers de pèlerins, aussi, qui affluent sur le lieu de l’apparition. Mais les autorités ecclésiastiques renâclent : « L’Eglise préférera toujours passer à côté d’un véritable miracle plutôt que de reconnaître une imposture », reconnaît un jeune prêtre. Le Vatican lance, donc, une enquête canonique chargée de vérifier les dires d’Anna. Et recrute pour cette tâche un journaliste, revenu traumatisé d’un reportage de guerre où son meilleur ami, un photographe, est mort. Quand un cardinal lui demande s’il est croyant, Jacques (Vincent Lindon) répond : « Je crois qu’il y a peut-être quelque chose, mais je ne suis pas pratiquant. » Il commence ses recherches en sceptique obnubilé par la recherche « des preuves visibles, des images de la vérité ». Mais l’ampleur du culte qui se développe autour de la nouvelle Bernadette Soubirou et l’attitude de la jeune fille ébranlent ses certitudes.

Xavier Giannoli prend le terme d’enquête au pied de la lettre. L’Apparition possède toutes les qualités d’un bon polar, avec ses interrogatoires, ses secrets, ses révélations et des rebondissements qui entretiennent le suspense jusqu’à l’épilogue. Mais le film, d’une ampleur romanesque peu commune dans le cinéma français d’aujourd’hui, est aussi une réflexion passionnante sur la foi. Sur le don de soi et l’abandon qu’elle implique, comme sur la manière de la vivre dans le chaos du monde contemporain. Le cinéaste filme en agnostique, jamais méprisant pour les fidèles en adoration devant la « voyante ». Il ne ridiculise pas non plus Borodine, le curé rebelle (Patrick d’Assumçao, grand second rôle), qui surprotège Anna en confident jaloux. Ni ne condamne Anton, (Anatole Taubman), l’homme d’Eglise dévoyé par l’argent et la notoriété, mais dont la foi semble sincère.

Le film part du réel pour tendre vers le spirituel, alternant l’énergie et l’élégie. A la précision quasi documentaire des séquences d’enquête répond l’élévation métaphysique des musiques d’Arvo Pärt et de Georges Delerue (1) . C’est par une mise en scène attentive à la beauté des corps, à leur fragilité aussi, que L’Apparition approche les mystères de l’âme. Dans un plan-séquence intense de quatre minutes, où elle est seule à l’écran, le visage de Galatéa Bellugi irradie, comme habité par la grâce. Et quand la jeune fille, au bout de la souffrance, dépassée par le phénomène qu’elle a involontairement déclenché, fugue dans la nuit, Xavier Giannoli filme ses pauvres chaussures dans la chambre vide — comme le faisait Alain Cavalier dans le magnifique plan final de Thérèse, consacré à la petite sainte de Lisieux.

Les scènes entre Anna, la jeune voyante mystique, et Jacques, le journaliste sceptique, propulsent le film à des sommets. « Il y a trop de colère en vous pour accepter ce que j’ai vu », lui déclare-t-elle. Avant, quelques minutes plus tard, de prendre la tête du vieux baroudeur meurtri dans ses mains consolantes, comme une reine thaumaturge. Une faiseuse de miracles… Vincent Lindon, au diapason de sa jeune partenaire, fait passer toutes les émotions par son simple regard. La douleur, la sidération, le doute… Et, in fine, l’acceptation apaisée de ce doute, la certitude de ne jamais connaître toutes les réponses. La psychiatre de la commission d’enquête l’avait prévenu : « La foi est un choix libre et éclairé. Avec une preuve, il n’y aurait plus de mystère… » (1) Dont Stellaire (1989) est repris.

http://www.telerama.fr/cinema/films/lapparition,n5349697.php

Télérama
L'Apparition : Acte de foi dans le cinéma
par Danièle Heymann




Xavier Giannoli propose avec L’Apparition un magnifique thriller théologique. On y croit, c’est un grand film.

Un homme fracassé rentre chez lui. Reporter de guerre, il est en deuil de son métier, de son ami, photographe, mort pour avoir voulu montrer la vérité. C’est alors qu’il se voit, à sa stupéfaction, chargé d’une enquête canonique par le Vatican. Dans une bourgade du sud de la France, une adolescente affirme avoir vu une apparition de la Vierge. S’agit-il d’une imposture ? Ou peut-on, doit-on la croire ? Dès la première image, Vincent Lindon donne corps, donne vie à ce Jacques, absent à lui-même et si présent, si émouvant dans la pudeur de son chagrin. À ce Jacques emporté comme nous dans cette quête, dans ce film qui va dire tant sur la réalité de l’invisible et la volatilité du réel. Voilà Anna, la jeune voyante. Révélation de la lumineuse Galatea Bellugi (Keeper, Réparer les vivants), de sa fiévreuse modestie, de son regard à l’innocence habitée. Les pèlerins affluent, les marchands du temple se gobergent. Jacques, rejeté par les « méchants » du Vatican, le cauteleux père Borodine (Patrick d’Assumçao) et le glaçant père Anton (Anatole Taubman), tisse d’étranges liens avec Anna, des signes – qui ne sont pas de croix – rapprochent leurs destins blessés.

Dans sa seconde partie, le film, qui se décline en chapitres, (« Rome », « Anna », « Le messager », « Révélation »…), quitte la religion et dérive avec une calme audace vers le polar séculier. Une jeune femme assassinée, une très chère amie d’Anna, Meriem (Alicia Hava), disparue, mais lui envoyant cependant des lettres conservées par un jeune Black dans un supermarché… Le mystère n’est plus seulement celui de la foi, mais celui de la vie, de la violence du monde tel qu’il est, ce monde qu’Anna voulait voir nimbé de douceur. Jacques ne parviendra au terme de son enquête qu’après une foudroyante révélation. Le voilà seul désormais. Dans ce paysage épuré, il marche, il monte. Dépose une offrande précieuse sur le seuil d’un monastère en ruines. Délivré du passé pour espérer la paix. Et jusqu’à cet instant, Vincent Lindon lui aura apporté un supplément d’âme.

Il y a quelques jours, une religieuse, qui plus est prénommée Bernadette, vient de voir sa guérison après un pèlerinage à Lourdes, validée comme miracle par l’Église catholique. Incorrigible soif d’immanence. Mais le doute est permis, Dieu merci. Que Xavier Giannoli soit béni de nous l’avoir rappelé de si belle, si forte, et même – oui – de si fervente façon, avec L’Apparition.

http://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-l-apparition-xavier-giannoli/

Bande A Part
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€