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Les Invisibles
France | 2018| 1h35
Réalisation : Louis-Julien Petit
Avec : Audrey Lamy, Corinne Masiero, Déborah Lukumuena
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !


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Les invisibles - la critique du film
par Claudine Levanneur




Une chronique sociale pleine d’humour et d’espoir pour rendre hommage autant aux femmes que la société a oubliées qu’ à celles qui leur viennent en aide.

Notre avis : Après l’excellent Discount qui, en 2015, dénonçait le gâchis alimentaire, suivi un an plus tard de Carole Mathieu, téléfilm consacré à la déshumanisation du monde du travail, Louis-Julien Petit, tel un Ken Loach à la française, continue de porter un regard tendre et lucide sur l’incapacité de nos civilisations modernes à prendre en considération le sort des plus fragiles.

Touché par le livre Sur la route des invisibles, écrit par Claire Lajeunie, en complément d’un documentaire qu’elle réalise pour France 5, le jeune réalisateur, après avoir passé un an à multiplier les rencontres en centres d’accueil, se lance dans une comédie sociale afin de donner voix aux laissées-pour-compte ainsi qu’aux travailleuses sociales qui les accompagnent dans leur quotidien, deux catégories aussi imperceptibles l’une que l’autre aux yeux de la société. Si l’absurdité du système administratif mis en place pour venir en aide à ces oubliées de la vie est évoquée, elle n’est nullement le sujet principal de cette chronique placée sous le signe de l’entraide et de la cohésion, bien loin de toute idée de moralisme ou de misérabilisme.

Avec l’humour comme arme contre la misère, Les invisibles est avant tout un film de combattantes dans lequel la lutte est plus importante que l’objectif quasi utopique à atteindre. Riche de scènes drôles et émouvantes aux dialogues improvisés percutants qui n’éludent cependant rien de la réalité dramatique vécue par ces naufragées, le scénario plonge le spectateur au cœur d’une précarité qu’une quinzaine de femmes qui ont connu la rue, transformées en comédiennes pour l’occasion, nourrissent de leur authenticité. Histoire de se donner l’illusion d’exister, elles empruntent momentanément l’identité de personnalités féminines célèbres (de Lady Di à Brigitte Macron, en passant par Edith Piaf, Brigitte Bardot ou Simone Veil) et sur fond d’autodérision, nous transmettent leur énergie et leur gaieté.

Fort de cette capacité à toujours extirper le cocasse au cœur des pires situations, Louis-Julien Petit s’appuie, entre rires et larmes, sur un casting varié et multiethnique aux accents criants de vérité pour rendre un chaleureux hommage aux assistantes sociales capables de franchir les limites incohérentes de la légalité pour mener à bien des projets auxquels elles croient. La fougue et la spontanéité d’Audrey Lamy habillent d’un juste rayonnement ce personnage idéaliste et sans filtre d’accompagnatrice toujours prête à se dévouer pour les autres tandis que Corinne Masiero, bien loin de son personnage caricatural télévisuel de Capitaine Marleau, fait preuve d’une réjouissante sobriété à laquelle elle ne nous a guère habitués. Entre humanité et lucidité, elle incarne une directrice de centre plus vraie que nature. Afin de couper court là aussi à tout risque de manichéisme, se dressent aussi les portraits de bénévoles moins structurées mais tout aussi touchantes. Hélène (Noémie Lvovksy), personnage blessé et maladroit, éternellement à contre-courant, semble être là autant pour secourir les autres que pour se sauver elle-même. Enfin, Déborah Lukumuena, à mi-chemin entre enthousiasme et mélancolie, compose une Angélique aux paradoxes attachants, et complète ce quatuor astucieusement choisi que la fluidité d’une mise en scène allègre rend encore plus authentique. S’il ne prétend nullement proposer de solution concrète à la prise en charge des personnes confrontées à l’extrême dénuement, Les Invisibles, grâce à sa liberté de ton, son optimisme et ses accents de vérité, est avant tout un hymne vibrant et léger à ces guerrières de l’impossible qui n’ont d’autre motivation que de rendre le monde un tout petit peu meilleur.

https://www.avoir-alire.com/les-invisibles-la-critique-du-film

AvoirAlire
« Les invisibles », ni feu, ni lieu
par Corinne Renou-Nativel




Avec ses répliques qui font mouche et ses interprètes impliquées, cette comédie sociale tendre et brute ouvre nos yeux sur les femmes à la rue.

Elles s’appellent Brigitte Bardot, Catherine Lara ou Lady Di. Elles ont été aide-soignante, psychanalyste ou agent de sécurité. Sous des surnoms qui leur redonnent un éclat, elles ont un point commun : elles sont SDF. Chaque matin les trouve derrière les grilles de L’Envol, un centre d’accueil de jour où Angélique les reçoit sans ménagement, avec Manu, la directrice, Audrey, l’assistance sociale dont la vie professionnelle chevauche allègrement la vie privée, et Hélène, une bénévole aussi assidue que dépressive.

Ces femmes à la rue y viennent souffler un peu, manger, prendre une douche, recharger leur portable, parler de leurs problèmes, leurs espoirs ou leurs enfants dont elles sont séparées, rire avec les autres. Qu’importent ces bienfaits, ne comptent que les chiffres : seules 4 % des SDF passées par L’Envol se réinsèrent. Verdict de la municipalité : la fermeture du centre dans les trois mois. Il ne reste donc que quelques semaines aux travailleuses sociales pour tenter de remettre en selle ces femmes à la marge. Et pour leur donner toutes leurs chances, Manu décide de les loger dans le centre, ouvert désormais de nuit comme de jour.

Humour et humanisme à la Ken Loach
En 2015, Louis-Julien Petit sortait dans les salles son premier long-métrage, le formidable Discount, dans lequel il dépeignait le petit monde terrible de la grande distribution et un bel élan de solidarité autour d’une épicerie alternative à la limite de la légalité. Avec Les invisibles, le cinéaste retrouve la même alchimie enthousiasmante d’humour et d’humanisme à la Ken Loach.

Il s’est inspiré du documentaire et du livre de Claire Lajeunie, Femmes invisibles, survivre dans la rue, et a passé un an dans un centre d’accueil. Dénué de misérabilisme, son film dit le labyrinthe des démarches administratives, les expulsions des campements au bulldozer, les histoires familiales lourdes, les agressions sexuelles dans la rue… Mais sans jamais perdre l’empathie de son regard, il réalise une comédie sociale hilarante d’une farouche énergie.

Des interprètes justes
Ces invisibles que Louis-Julien Petit entend placer sur les grands écrans sont des SDF de tout âge, comme Chantal à la franchise redoutable ou Julie dans le déni de sa situation, mais aussi des travailleuses sociales qui leur sont dévouées malgré des salaires dérisoires et une absence de reconnaissance.

Au côté d’actrices non professionnelles qui ont parfois connu la rue, figurent Audrey Lamy en idéaliste fragile et tenace, Corinne Masiero qui campe la rugueuse et généreuse Manu, Noémie Lvovsky en bénévole dont les maladresses n’ont d’égales que sa volonté de bien faire. Toutes nous secouent et aiguisent notre regard sur ces femmes invisibles.

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/invisibles-feu-lieu-2019-01-08-1200993946?from_univers=lacroix

La Croix
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