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Tout ce qu'il me reste de la révolution
France | 2018| 1h28
Réalisation : Judith Davis
Avec : Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise.
Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.
Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…


Tout ce qu’il me reste de la révolution - Engagée volontaire
par Isabelle Danel




Née trop tard pour la révolution, Angèle, comme ses parents avant elle, continue de vouloir changer le monde… Pas simple, de nos jours. Un premier film politique en forme de comédie légère. Le bonheur… ici et maintenant !

De ses parents, Simon et Diane, Angèle a hérité d’une saine et juste colère. Comme eux avant elle, elle milite. Même née « trop tard », en 1984, elle veut changer le monde, elle y croit. C’est pourquoi elle a choisi d’être urbaniste : pour construire des lieux où circulerait le lien entre les gens… Mais virée par ses patrons (de gauche) dès le début du récit — « C’est le monde qui est comme ça », lui disent-ils, penauds —, elle se retrouve sans emploi et revient vivre chez son père. Plutôt ça que le tête-à-tête avec un amoureux : « Avec Simon, on se comprend, on est sur la même longueur d’onde. Y a pas de “faut qu’on parle”, de “qu’est-ce que je suis pour toi ?”… »

Parce qu’un amoureux, Angèle n’en veut pas. Pas plus qu’un boulot dans le mainstream, comme sa sœur et son beau-frère. Angèle sait que tout est politique. Avec Léonor, sa meilleure amie, sculptrice de talent, elles font de l’agit-prop devant les agences pour l’emploi ou dans les banques. C’est ainsi qu’elles lancent un groupe de parole où chacun peut aborder le sujet qu’il souhaite, sans chef ni jugement… Et là, il y a Saïd, qui pourrait bien changer son monde…

Ce premier long-métrage signé Judith Davis et coécrit avec Cécile Vargaftig, librement inspiré du spectacle de théâtre Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon, du collectif « L’Avantage du doute », est emballant, foutraque, débridé et joyeux. Les questions que se posent ces êtres, seuls ou rassemblés, sont celles que nous sommes nombreux à nous poser, de façon transgénérationnelle, dans cette époque de repli sur soi où les luttes sont privées et univoques. À travers le personnage d’Angèle, interprété par la réalisatrice elle-même, on entre dans ce chaos des trentenaires, héritiers d’idées belles et bonnes dont les effets se font toujours attendre. Face aux lendemains qui ne chantent toujours pas, engagée volontaire, Angèle campe tant bien que mal sur ses positions intenables, mais peu à peu sa carapace se lézarde : elle se rapproche de Saïd, elle se rend en Ardèche chez sa mère…

Le film joue habilement des contrastes, entre cinétract et comédie, scènes très dialoguées et moments de silence, et là, ce qui est beau, ce sont les regards. Les yeux bleus d’Angèle sur Saïd, qui l’étonne, l’émeut, la fait rire… Les yeux bleus d’Angèle sur sa mère qu’elle redécouvre à chaque instant, comme surprise par sa présence, sa beauté, sa simplicité, sa voix… Mireille Perrier, icône du cinéma français des années 1980 (Boy Meets Girl de Carax ; Un monde sans pitié de Rochant) incarne à merveille cette mère symbolique et rêvée, cette femme douce qui fut dure au point de laisser son mari et ses enfants et partir s’exiler à la campagne… Les acteurs, du bienveillant Simon Bakhouche à l’étonnante Claire Dumas, en passant par le toujours pétillant Malik Zidi, font tous corps et troupe autour de la meneuse épatante qu’est Judith Davis, pétrie de certitudes et la minute d’après complètement perdue, ambivalente et émouvante. Baigné de musique russe ou d’un vieux tube soul de Wendy Rene (After Laughter Comes Tears), son film choral fait chaud au cœur et à l’âme, il pointe des vérités pas très drôles avec un sens aigu des situations et une bonne dose de dérision sur elle-même et sur l’époque.

http://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-tout-ce-qu-il-me-reste-de-la-revolution-judith-davis/

Bande à Part
« Tout ce qu’il me reste de la révolution », Nos (très rares) certitudes
par Corinne Renou-Nativel




Le talent de Judith Davis, actrice, scénariste et réalisatrice, éclate dans cette comédie, pleine d’un charme impétueux, sur la perte des idéaux.

« Je ne suis pas en train de faire une déprime parce que je n’ai plus d’après-shampoing. Je suis en colère parce que je me suis fait virer du jour au lendemain par un patron de gauche ! » C’est ce qu’explique Angèle à sa sœur Noutka, qui s’emploie à entrer dans les normes jusqu’à se faire appeler Béatrice par ses collègues.

Élevées par des parents idéalistes, toutes deux ont suivi des trajectoires opposées. À 13 ans, Angèle a eu la révélation : elle allait changer le monde et devenir urbaniste pour améliorer le quotidien des gens. Noutka a épousé le monde de l’entreprise et un cadre au bord du burn-out.

De la scène à l’écran
Sans revenus, la jeune chômeuse a une solution de repli : aller vivre chez Simon, leur père qui « n’a succombé ni au confort, ni au désespoir ». Sa sœur ne partage pas son regard admiratif sur celui qui « n’a pas voulu perdre sa vie à la gagner » : leur père a une retraite minable. Mais Angèle refuse de renoncer aux idéaux parentaux. Avec une amie artiste contrainte à d’alimentaires moulages en plâtre de pieds de bébés, elle crée un collectif où chacun parle des sujets qui lui tiennent à cœur, des (très rares) certitudes qu’il lui reste au chanteur punk anglais qui fait de la publicité pour la margarine…

En 2008, Judith Davis fondait la troupe L’Avantage du doute et le spectacle Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon. Plus qu’une adaptation, le film en est le prolongement avec une thématique et des acteurs communs. Interprète formidable, Judith Davis a puisé en elle quelques éléments biographiques pour composer Angèle : une famille militante de gauche, un intérêt pour l’urbanisme, un sens fort du collectif et de l’engagement. Mais pour évoquer sa réflexion sur l’époque pour le moins dénuée de complaisance, elle opte pour le rire. « Il n’y a aucune raison de laisser l’humour ou la joie à la bêtise », estime la cinéaste qui, sans verser dans l’ironie ou le cynisme, cultive une vraie tendresse pour ses personnages, tous un peu paumés.

Un rythme enlevé et des comédiens réjouissants
Avec des répliques ciselées, un rythme enlevé et des comédiens réjouissants, elle évoque la précarité, la violence des relations managériales et la perte des idéaux dans une société où, au mieux, on se demande « Que faire ? » Ces vastes questions ont aussi leur place dans le registre intime. Peut-on concilier engagements politique et amoureux ? Angèle s’interroge comme sa mère autrefois avant de tout plaquer lorsque Lionel Jospin avait privatisé à tour de bras le secteur public. À l’image de son héroïne, le film affiche une belle énergie et un charme ravageur.

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Tout-quil-reste-revolution-tres-rares-certitudes-2019-02-05-1201000392?from_univers=lacroix

La Croix
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