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Prochainement

McQueen
Angleterre | 2019| 1h51
Réalisation : Ian Bonhôte, Peter Ettedgui
Avec :
Version originale (anglais) sous-titrée en français
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  • dimanche 24 mars 15:30----
  • mardi 26 mars 12:15
  • Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
McQUEEN est un regard personnel sur la vie, la carrière et le talent hors du commun de l’enfant terrible de la mode, Alexander McQueen. Une icône d’ascendance modeste qui a brillé comme une étoile filante... Mêlant témoignages exclusifs de sa famille et de ses proches, archives inédites, images et musiques bouleversantes, McQUEEN est un vibrant hommage en même temps qu’un portrait captivant de ce visionnaire aussi tourmenté qu’inspiré.


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La passion McQueen
par Cécile Guilbert




Que ceux qui pensent que la mode se réduit à une frivolité de mauvais aloi face aux questions sérieuses, aux falbalas d’un luxe déplacé en temps de crise et à des affaires de gros sous sautent cette chronique. Car rien n’est parfois plus profond que la surface. Surtout lorsque entrent en jeu l’art, la beauté, la passion vécue à la vie à la mort dans la sincérité la plus totale.

Qui ignore encore que des couturiers comme Chanel et Saint Laurent ont changé l’existence de générations de femmes en inventant des vêtements et des silhouettes qui les rendaient aussi belles que libres et leur permirent d’échapper aux étroites contraintes de leur sexe ? Que d’autres, comme Balenciaga et Azzedine Alaïa, ont su leur sculpter d’élégantes armures qui conjuguaient les affolements du désir et les sortilèges de la puissance ?
Bref, que chaque fois traversés par une dimension visionnaire infusant dans l’esprit du temps, les grands couturiers dont le nom mérite de passer à la postérité ont chacun trouvé le lieu et la formule rimbaldiens d’une expression unique, singulière et forcément historique ?

Alexander McQueen est bien sûr de ceux-là, lui qui « disait souvent qu’il n’habillait pas les femmes pour leur mari » et « dont les vêtements étaient faits pour des femmes sachant très bien ce qu’elles veulent, ayant leur propre pouvoir et ne dépendant de personne pour s’occuper d’elles ».
Ces paroles de Ian Bonhôte, coréalisateur avec Peter Ettedgui d’un documentaire émouvant et puissant consacré à l’enfant prodige de la mode anglaise et qui sort mercredi 13 mars en salles, sont très justes. Elles corroborent celles d’Isabella Blow, amie et mentor de McQueen, qui comparait les femmes portant ses créations à des chevaliers des temps modernes abritées dans des champs de force vestimentaires les protégeant des brutalités du monde.

Bourré de documents d’archives saisissants, de précieux témoignages familiaux et d’images captivantes comme l’étaient celles des défilés hors normes de celui qui se définissait comme « un voyou sachant se servir d’une aiguille », McQueen est une claque. Et pas seulement pour les mercenaires du stylisme, ces directeurs artistiques qui passent d’une marque à l’autre comme les animateurs télévisuels et les footballeurs, au gré d’un « mercato » dont les fils sont tirés par des actionnaires obsédés par leurs résultats financiers.
Je dois avouer que du vivant de ce gamin autodidacte né dans l’East londonien, fils d’un chauffeur de taxi, cadet d’une fratrie de six et que rien a priori ne prédisposait à devenir un surdoué des Stockman, ses créations me défrisaient un peu. Quoiqu’elles fussent dès ses débuts fulgurants outrageuses, souvent renversantes, toujours spectaculaires et en cela très impressionnantes, je me méfiais justement du Spectacle. Et de mes impressions. Et de mes émotions.

Je trouvais ses visions trop morbides, son univers trop sombre, et en définitive trop en phase avec ces années 1990 où le monde et ses représentations me semblaient s’enfoncer dans toujours plus de nihilisme. Comme certaines productions d’art dit contemporain dont je me demande toujours si la part de provocation et de scandale délibérés n’est pas pour beaucoup dans le succès qu’alimentent certaines coteries snobissimes évoluant dans un monde raréfié et que les gogos suivent pour avoir l’impression d’« en être », les vêtements de McQueen me paraissaient coller à une sorte de marketing punk, pur symptôme d’époque. Mais j’avais tort.
Et grâce en soit rendue à cet hommage-portrait filmé qui retrace brillamment le parcours météorique de cet homme tourmenté et complexe, attaché à sa famille – et surtout à sa mère –, si bien accordé avec l’énergie urbaine de Londres et au cœur aussi romantique que celui d’un Shelley.

Ce qui force l’admiration et bouleverse ? L’enthousiasme originel et l’éclosion du don, du talent, cette passion de créer dans la pureté du cœur que rien ne pourra arrêter, l’énergie, la beauté, le conte de fées des succès mérités. La suite ? Les années d’exil à Paris, avec des débuts difficiles chez Givenchy, les ressources infinies d’une grande maison et l’argent qui permet de financer sa marque, mais aussi l’avalement par le Moloch, la pression et la dépression jusqu’au suicide. Et pourtant, lumineux comme le jeune Mozart et hooligan comme celui de Forman dans Amadeus, McQueen qui sentait venir sa fin l’a signée après avoir tout dit, amour et tourments, angoisses et extases – ce que ce beau film requiem rappelle en le rendant inoubliable.

https://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/passion-McQueen-2019-03-13-1201008449

La Croix
"McQueen" dresse le portrait émouvant d'un visionnaire
par Marilou Duponchel




L’enfant terrible de la mode décrypté dans un documentaire classique. Un portrait riche et émouvant.

Quelle image garde-t-on d’un grand couturier ? De Karl Lagerfeld, récemment disparu, c’est avant tout celle d’une allure, la sienne, regard noir et cheveux blanchis. De Saint Laurent, peut-être davantage la silhouette fuselée et androgyne d’une femme en smoking. Que reste-t-il d’Alexander McQueen, prodige britannique qui s’est donné la mort en 2010 ?

Faute d’une image claire, on retiendra un bouquet de vignettes sulfureuses, celle d’un jeune premier débarquant avec sa bande punk à la tête de la prestigieuse et très chic maison parisienne Givenchy, ou encore celle de mannequins défilant dans les vêtements lacérés de sa collection “Highland Rape” (“viol de l’Ecosse” – par les Anglais), jugée misogyne par certains et féministe par d’autres.

Témoignages de proches et de collaborateurs, captation de ses shows dantesques, plus performances que sages défilés, petite vidéo bricolée entre amis… Le film de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui a en revanche une ambition très nette : glaner le plus d’indices possible pour enfin éclaircir les contours troubles de cet “enfant terrible de la mode”. Si sa forme classique le rapproche davantage de l’objet télévisuel que du cinéma, McQueen parvient à recomposer l’émouvant et sensible portrait d’un garçon au visage rond, ambitieux et débrouillard, visionnaire et abîmé.

https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/mcqueen/

Les Inrocks
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€