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Un nouveau Russe (Platon Makovski)
Russie | 2003| 2h08
Réalisation : Pavel Lounguine
Avec : Vladimir Mashkov, Maria Mironova, Andrei Krasko
Version originale (russe) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
En 1988, en Russie, Platon Makowski, un brillant scientifique, et ses amis abandonnent la recherche pour se lancer dans le monde des affaires. Ils emploieront tous les moyens possibles pour s'enrichir, même les plus illégaux.

L'avis de la Presse
par

Le Monde - Samuel Blumenfeld L'interprétation de Vladimir Machkov est pour beaucoup dans la réussite du film. Le comédien donne à son personnage un visage innocent dont le spectateur ne se remet jamais. Platon Makowski devient un monstre, mais un monstre que l'on est sans cesse tenté d'excuser. Première - Olivier De Bruyn Secouant comme une vodka pure. Studio - Sophie Benamon Servi par une distribution impeccable, le cinéaste ne tombe jamais dans la parodie. Chronic'art - Vincent Malausa Manque ici la fragilité, le doute, cet intérêt pour l'humain (et non la simple figure) qui aurait pu donner au film une touche de grande fresque épique. Il n'est qu'une aimable et très académique source d'informations passionnantes. Monsieur Cinéma - Camille Brun Avec des acteurs en pleine forme et des anecdotes savoureuses et bien vues, on se prend donc à s'attacher à ces apprentis mafieux qui se durcissent et perdent leurs idéaux de départ en même temps qu'ils s'enrichissent. Dommage qu'a contrario, la forme adoptée par Lounguine reste presque tout du long si évidente et "cheap"...

allocine.fr
La critique du Monde
par Samuel Blumenfeld

"Un nouveau Russe" : un "nouveau" capitaliste dans le chaos russe LE MONDE | 22.04.03 Pavel Lounguine conte l'histoire de Platon Makovski, criminel et homme d'affaires. Son long métrage a tout d'une fable hollywoodienne. Pavel Lounguine s'est longtemps vu américain. Dès Taxi Blues, en 1990, son premier film, il prenait ses distances avec le cinéma soviétique et affichait ses liens avec un certain cinéma hollywoodien qui semblait capable, à ses yeux, de rendre compte de l'ère Gorbatchev. Il importait une forme qui remontait à la fin des années 1960 (la déambulation de deux paumés comme dans Macadam Cowboy, de John Schlesinger, ou Le Canardeur, de Michael Cimino), pour poser les prémisses de ce qu'on pouvait espérer être alors un nouveau cinéma russe. Avec Un nouveau Russe, Pavel Lounguine se situe dans une tradition, celle de l'épopée, tel Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone, où la naissance d'une nation se confondait avec celle du crime organisé. Pour raconter l'ascension et la chute de Platon Makowski - un jeune idéaliste qui abandonne, au moment de l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir, ses études scientifiques pour la voie douteuse du commerce illégal -, Pavel Lounguine retrouve l'énergie des films de gangsters Warner des années 1930. L'effet produit est des plus étranges. Un nouveau Russe est l'un des rares films russes à tenter de décrire de manière aussi ambitieuse la transition chaotique entre le communisme et le capitalisme en Russie, mais ce réalisme prend ici des allures de fable. Par un curieux effet de miroir, la Russie postsoviétique se met à ressembler dans le film de Lounguine à l'Amérique de la Prohibition. Cette inspiration est bienvenue. Elle renvoie de manière intelligente la Russie à une ère de capitalisme sauvage où l'ascension par le crime, plus que par la Bourse, est encore possible. Avant d'exister par lui-même, Platon Makowski s'insère dans un arbre généalogique où ses lointains cousins sont Ray Danton dans La Chute d'un caïd(comme le gangster dépeint par Budd Boetticher, Makowski est un être égocentrique incapable d'aimer, il trahit ses proches et sacrifie tout sur l'autel de sa réussite), Paul Muni dans Scarface, et James Cagney dans L'Ennemi public. UN MODÈLE, BORIS BEREZOVSKI Platon Makowski a aussi un modèle dont l'identité ne souffre d'aucun mystère pour le spectateur russe : Boris Berezovski, un mathématicien reconverti dans les affaires en 1985, au moment des premières privatisations, et devenu l'un des hommes les plus riches du monde. Poursuivi pour détournement de fonds, M. Berezovski vit actuellement à Londres. Yuli Doubov, l'un des coscénaristes d'Un nouveau Russe, est d'ailleurs l'auteur d'un livre, best-seller en Russie, où sont relatés les faits et armes de M. Berezovski. On imagine la réaction du spectateur russe devant le film de Pavel Lounguine semblable à celle du spectateur américain quand il découvrait en 1931 Scarface, de Howard Hawks, autre collusion entre fiction et actualité, directement inspirée des crimes d'Al Capone. Pour raconter ce personnage hors normes, criminel, homme d'affaires, puissant patron de presse, Pavel Lounguine a choisi la narration étoilée (plusieurs points de vue se succèdent) popularisée par Citizen Kane, sous la forme d'une enquête judiciaire, menée après la disparition de Platon Makowski. Y apparaissent les témoins privilégiés d'une époque, chargés de décrire un homme impossible à saisir. L'interprétation de Vladimir Machkov est pour beaucoup dans la réussite du film. Le comédien donne à son personnage un visage innocent dont le spectateur ne se remet jamais. Platon Makowski devient un monstre, mais un monstre que l'on est sans cesse tenté d'excuser. Les errances de Platon Makovski possèdent une dimension toute symbolique. Comme le dit Pavel Lounguine dans le dossier de presse du film, Un nouveau Russe "est la tragédie d'un être surdoué qui incarne tout ce qu'il y a plus créatif dans la nouvelle Russie et simultanément le pire pour ce pays qu'il privatise à son profit". Platon Makowski aurait pu être l'un des artisans du développement de son pays après la chute du communisme. Il en sera au contraire un des fossoyeurs. En cherchant à saisir la réalité d'une époque et la raison des atermoiements de son pays, Lounguine retrouve aussi les secrets d'un cinéma américain que l'on aurait cru perdus. Un nouveau Russe ne se distingue pas seulement par son acuité, il montre aussi que seule une mythologie permet de saisir la vérité d'une époque. Samuel Blumenfeld ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 23.04.03

lemonde.fr
La critique de Chronic'Art
par Vincent Malausa

L'histoire russe contemporaine rejouée sous la forme d’un thriller politique, c’est l’obsession de bons nombres de cinéastes venus de l’ancien bloc communiste ces dernières années : films sur les nouveaux riches gavés comme des oies, la mafia, la corruption et les pouvoirs publics gangrenés par un capitalisme sauvage. Peu, mis à part peut-être The Quickie de Sergeï Bodrov, sont parvenus à dépasser un niveau moyen peu reluisant. Un Nouveau Russe compile assez efficacement tout ce que le "genre" peut apporter de pire et de meilleur. Le meilleur, d’abord : une précision historique assez époustouflante (le film suit le parcours de Platon Makowski, baron du vol et patron de presse, pirate et paria du système aux allures de Thomas Crown), retraçant avec un soin scrupuleux les exploits du plus grand des oligarques, Berezovski, symbole de la kleptocratie ubuesque fécondée par Eltsine et l’économie de marché post-soviétique. En un peu plus de deux heures, le système se dévoile, jusque dans ses plus fines aberrations (le candidat fantoche, le racket libéral, le détournement des fonds du FMI) : l’amplitude du film, sa façon de tout traiter sous forme de fiction labyrinthique et en même temps extrêmement ordonnée, valent tous les reportages d’Envoyé spécial en donnant à cette réalité très romanesque (le grand no man’s land juridique et commercial de la Nouvelle Russie est un extraordinaire terrain à polar) une épaisseur qu’aucune approche documentaire ne saurait offrir. Le pire, maintenant : une façon si sûre d’elle-même de trouver là matière à faire "événement" que toute idée de cinéma se trouve ici reléguée au second plan, et encore. Un Nouveau Russe souffre d’une telle foi dans son travail d’enquête qu’il relève, sur la forme, d’une platitude et d’une neutralité artistique qui confinent à la pure paresse. Michael Mann, sur des bases voisines (révéler un grand complot d’Etat) trouvait dans Révélations la matière pour entreprendre un grand travail de mise en scène qui feignait d’oublier son sujet en cours de route pour ne se laisser aller qu’à la création d’une atmosphère opératique, partagée entre crises et re-départs d’un homme que la caméra ne lâchait pas d’une semelle. Lounguine au contraire ne filme que des scènes de groupe lourdement explicatives, forcément allusives, tout en raccourcis et en enchevêtrements, s’intéressant moins, au fond, à l’humanité de son personnage principal qu’à son caractère de vecteur et de projection. Makowski évolue avec une certitude très mécanique, sans nuances, proche du mauvais western spaghetti (le plan final à la ringardise touchante sur son visage de face, sur lequel s’imprime lourdement le titre). Manque ici la fragilité, le doute, cet intérêt pour l’humain (et non la simple figure) qui aurait pu donner au film une touche de grande fresque épique. Il n’est qu’une aimable et très académique source d’informations passionnantes. Vincent Malausa

chronicart.com
La critique de TELERAMA
par Pierre Muret

Ce jour-là, Platon Makowski va mourir. Ce « roi de Moscou », l’un des hommes les plus riches de Russie, a exaspéré trop de vanités, suscité trop d’envies, provoqué trop de haines. On est en 2000, à la veille de l’élection présidentielle. Dieu sait ce qu’il serait capable d’inventer. Ou simplement de révéler. Platon Makowski doit mourir. Et le polar rythmé, intelligent, caustique de Pavel Lounguine, qui commence, donc, au moment où la vie du héros s’achève, va constamment osciller entre passé et futur. Les douze ans qui ont précédé sa disparition et les douze jours qui l’ont suivie. Enquête sur un citoyen au-dessous de tout soupçon. All about Platon... Qui était-il ? Un mafieux ? Un voyou ? Un charmeur, en tout cas, doué pour inspirer de l’amour aux femmes et des amitiés indéfectibles aux hommes. Brillant, aussi : encore étudiant en 1988, appelé à aider un copain malmené lors d’un examen, il prouve par l’absurde que, l’absurde l’emportant toujours sur la logique, l’examinateur ne saurait être qu’un âne... Devenu, plus tard, une éminence grise du Kremlin, l’examinateur le lui pardonnera d’autant moins qu’à l’époque Platon, en passant, lui avait chipé sa femme. Charmant, donc, brillant et supérieurement doué pour les magouilles : il faut le voir expliquer à ses fidèles, avec l’aide d’un seul rouble qu’il fait passer de main en main, combien il est facile de s’enrichir en Russie. La démonstration est imparable. Pavel Lounguine en tire une scène jubilatoire : l’enrichissement devient un jeu d’enfant imaginé par un premier de la classe sympa pour quelques affreux jojos, moins malins que lui. Bref, Platon est une sorte de génie qui doit choisir : devenir héros ou escroc. Dans cette ex-URSS, passée en un éclair d’une tyrannie bétonnée à une économie de marché bordélique, être héros n’a plus aucun sens. Escroc, si. Ça permet d’échapper à la race des faibles, devenus encore plus faibles, après Gorbatchev, Eltsine et tant d’espoirs déçus. On les voit, au début du film, les faibles, lors d’une manif, entonner une vieille chanson patriotique « Lénine est vivant pour toujours», pour signifier qu’ils regrettent l’heureux temps du communisme pur et dur. Devenir un escroc de grande envergure, un affairiste, un « oligarque », comme on les appelle bientôt en Russie, permet surtout de mépriser ceux qui sont encore pire que les faibles : les technocrates fielleux. Cette race de profiteurs accrochés au pouvoir comme des sangsues. Comme les morpions qu’écrasait Gogol lorsqu’il écrivait Les Ames mortes ou Le Révizor. S’il y a du Gogol chez Lounguine, son film est construit et mené comme un thriller à l’américaine. Un de ces romans de Dashiell Hammett où la corruption se répandait comme un virus sur la ville. Hammett et, paradoxale association, Alexandre Dumas. Complots, trahisons, passions, fureurs avec un Platon Makowski qui, à la suite d’un concours de circonstances, prend soudain des airs de comte de Monte Cristo. Le modèle qui a inspiré le personnage de Platon Makowski, c’est Boris Berezowski, le plus célèbre des oligarques, exilé à Londres depuis la mise à la retraite d’Eltsine et aujourd’hui menacé d’extradition. Au faîte de sa gloire, il était sûrement un monstre. Platon l’est aussi. Mais le réalisateur ne peut s’empêcher d’en faire un seigneur parmi les gueux; cent fois plus énigmatique et plus passionnant que ceux qui tentent de provoquer sa chute ou ceux qu’il utilise pour mieux les écraser, le moment venu. Un seigneur trouble, donc troublant, interprété par Vladimir Machkov, évidemment choisi pour son aura sensuelle. Qu’est-ce qui fait courir Platon Makowski ? Le fric ? Sûrement, mais pas seulement. La chaîne de télévision qu’il se paie lui permet de manipuler les âmes. Son ambition se limite à cette Russie dont il est issu, à laquelle il ne peut échapper, qu’il veut asservir pour mieux la vénérer. Platon n’est pas un humilié et un offensé à la Dostoievski. C’est lui qui humilie et offense. Mais le vide, en lui, reste le même. Tous les Russes, nouveaux ou anciens, que Pavel Lounguine a peints depuis Taxi Blues, en 1990, ont cette blessure inguérissable, ce chagrin inconsolable, cette rage insondable d’êtres solitaires et étrangers à eux-mêmes. Conscients d’être les produits de la plus haute civilisation et de la plus noire barbarie. Souffrant depuis toujours, et sans doute pour longtemps, d’être dans l’Europe et hors d’elle. « La Russie ne se connaît que des ennemis, elle cherche donc des coupables », dit Lounguine. Avec ce nouveau film, l’un de ses meilleurs, le cinéaste semble clore un cycle. Il est à la croisée des chemins : prolonger l’histoire de son Edmond Dantès dans la Russie du XXIeme siècle qui pourrait s’intituler Le Retour du nouveau Russe. Ou filmer, avec la même férocité, d’autres travers, d’autres ridicules. Les nôtres, peut-être.

telerama.fr
Le site officiel
par



http://www.pyramidefilms.fr/un-nouveau-russe


5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€