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Dolls
Japon | 2003| 1h53
Réalisation : Takeshi Kitano
Avec : Hidetoshi Nishijima, Miho Kanno, Tatsuya Mihashi, Chieko Matsubara,
Version originale (japonais) sous-titrée en français
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Dolls regroupe trois histoires d'amour inspirées d'un spectacle de marionnettes.
Dans la première, Matsumoto et Sawako forment un couple heureux, mais les pressions exercées par leurs deux familles vont les forcer à faire un choix tragique.
Dans la deuxième, Hiro, un chef yakuza, retourne dans un parc où il avait l'habitude de voir sa petite amie, et se souvient... Trente ans plus tôt, il était un pauvre ouvrier et s'est retrouvé forcé de se séparer de la jeune fille pour intégrer le milieu du crime.
Dans la troisième, Haruna, dont le visage est recouvert de bandages, passe le plus clair de son temps à regarder la mer. Peu de temps auparavant, elle était une grande star de la musique, habituée à signer des autographes et à se montrer à la télévision. Nukui est sans aucun doute son plus grand fan et aujourd'hui, il compte bien le lui prouver.




Jean-François Rauger
par

A Venise, la violence naïve de Takeshi Kitano explose dans "Dolls" La compétition officielle de la Mostra réveillée par le retour de l'auteur de "Hana bi". ....Et puis vint Kitano. Dolls, sa dernière œuvre en date, était un des films les plus attendus d'une compétition avare en grands auteurs. Le scénario entremêle trois récits différents autour d'un thème unique : la passion. Un homme et une femme déambulent attachés l'un à l'autre, elle est devenue folle après avoir été abandonnée par lui. Un yakuza vieillissant revient dans le parc où, cinquante ans plus tôt, sa fiancée a promis de l'attendre sur le même banc tous les samedis. Elle y est encore. Un fan d'une chanteuse de variétés se crève les yeux pour rejoindre celle-ci, retirée après un accident qui l'a défigurée. Au fil des trois récits, le film de Kitano plonge dans un picturalisme primitif qui met en valeur la couleur rouge. Si Dolls est un tel coup de tonnerre dans le cinéma contemporain, c'est parce qu'il fusionne parfaitement ce qui devrait être opposé : l'art naïf et la violence des sentiments.

Le monde
L'avis de la Presse
par

Première - Olivier De Bruyn Avec ses héroïnes rongées par la mélancolie et ses mâles torturés par le remords, Takeshi délivre un film à tous les points de vue bouleversant qui rappelle qu'il est l'un des plus grands cinéastes de l'époque. Les Inrockuptibles - Jean-Baptiste Morain (...) l'auteur d'Hana-bi se réinvente et s'affirme comme un cinéaste de haut vol. Le Monde - Jean-Michel Frodon Kitano voit, et montre, les choix de vie de chacun comme des objets aux teintes et aux formes incongrues, susceptibles d'étonnants assemblages, de troublantes disjonctions. Le désir, la confiance, la peur, sont chez lui des formes. C'est finalement étendre à l'extrême ce qui relie les marionnettes aux humains. C'est le beau cinéma, si formaliste, si réel, de Takeshi Kitano.

allocine.fr
La critique du Monde
par Jean Michel Frodon

Trois légendes à l'ombre des dieux LE MONDE | 29.04.03 Le film n'est pas commencé. Avant, il y a un prologue, une merveille. Le prologue montre les ingrédients du théâtre de marionnettes classiques japonaises, le bunraku, et c'est - au sens chimique du terme - une analyse imparable et légère du phénomène même du spectacle. Les corps, la voix, le récit. Une corde rouge. C'est quoi ? Un carnaval, les marionnettes sorties dans le parc se balader, une installation d'artiste postmoderne, une pitrerie de ce vieux clown de Kitano, un fait divers tragique. Liés par la corde qui traîne et se prend dans les branches, le jeune homme et la jeune fille marchent comme des somnambules, comme des fantômes. Ils s'aiment tant qu'ils se sont attachés, les enfants se moquent d'eux, ils sont si malheureux. Le fil rouge court au long du récit, le cinéma à fleurs (bleu fluo) de sensations de l'immense cinéaste de A Scene at the Sea et de Sonatine embobine cette histoire-ci et cette histoire-là, et la troisième, mais n'est-ce pas la même racontée autrement ? Une ou des histoires que se raconteraient entre elles les marionnettes esseulées, après le spectacle et le départ des manipulateurs. Des légendes dans la pénombre, pour se consoler de l'absence - ou est-ce de la présence ? - des dieux. Un, deux, trois... soleil ? Non, mélo. Un, deux, trois... genres, aussi. Dolls raconte un récit de film d'horreur pour teenager, celui de la star de la chanson et de son fan éperdu, jusqu'à l'automutilation symbolique, certes, mais à même la chair - il faut dire que ce garçon est complètement idiot. Dolls raconte un drame sentimental, celui des deux amants promis depuis toujours l'un à l'autre, de sa trahison à lui, et de sa folie à elle, et de leur malheur à tous deux. Dolls raconte un polar crépusculaire, brutale fin du voyage du vieux yakuza reclus, recru de puissance et d'infidélité. Chaque récit est une mélodie sirupeuse, leur entrecroisement retrouve des dissonances tranchantes comme des sabres. Comportements et objets puisent hardiment dans l'immense culture kitsch du Japon contemporain cette joliesse mièvre jusqu'à la nausée (le kawaï) qui, d'éventail peint en Pokémon, parasite le grand art épuré de cette civilisation. Oui, mais quels plans ! Kitano ne se moque pas de tout ce fatras, il est beaucoup plus intelligent et beaucoup plus respectueux. Il en cherche le difficile dépassement. Par la beauté, par la compassion, par la présence physique de la matière et des corps. D'emblée situé dans un univers de conte, le film ne cesse de s'autoriser une licence poétique et plastique de plus en plus large. Authentique héritier des grands faiseurs de mélodrames hollywoodiens de l'après-guerre, Kitano (après Fassbinder) sait à son tour, mais par ses moyens esthétiques propres, trouver le point de fuite où l'artifice extrême touche à la vérité. REGARD DISTANCIÉ Les moyens de Kitano sont essentiellement plastiques : le choix des couleurs, le jeu sur les durées et la frontalité, la sensibilité à la courbe d'une branche, d'une colline, d'une route, alimentent ce dépassement de récits qui ne seraient, sinon, que des nouvelles sentimentales et cruelles. Tel aplat rouge, telle inscription d'un corps humain dans un paysage, tel visage figé comme celui d'un acteur Nô et habité des angoisses les plus abyssales, font songer à l'immense florilège qu'avait réuni Akira Kurosawa dans ses films les plus audacieux dans le domaine plastique, de Dodes'Kaden à Dreams. Mais la principale ressource du cinéaste Takeshi Kitano est dans son regard. Ce regard, on le connaît, c'est aussi celui de l'acteur Kitano. Dans son dixième film, il n'apparaît pas, mais on reconnaît tout aussi bien cette distance, cet amusement tapi en retrait, qui peut se figer en violence extrême ou s'ouvrir avec une infinie tendresse, sans avoir paru bouger d'un cil. Dans ce film, les massacres sont hors champ, l'état de délire extrême se résume à une petite bille de papier qu'un souffle soulève, et perd... Kitano voit, et montre, les choix de vie de chacun comme des objets aux teintes et aux formes incongrues, susceptibles d'étonnants assemblages, de troublantes disjonctions. Le désir, la confiance, la peur, sont chez lui des formes. C'est finalement étendre à l'extrême ce qui relie les marionnettes aux humains. C'est le beau cinéma, si formaliste, si réel, de Takeshi Kitano. Jean-Michel Frodon

lemonde.fr
L'avis de spectateurs ...
par

anonyme4ever Le nouveau Kitano est un poême cinématographique, un hymne à l'Amour au rythme des trois couples maudits. Les sentiments, les décors, les acteurs, leurs histoires, tout est magnifique : je suis sous le charme. Quand la violence de sentiments prend le pas sur la violence tout court, c'est encore plus dur ! IsaD C'est un film fou. Du cinéma en liberté, enfantin dans le sens créateur du terme, sans limites. S'y côtoient dans un mélange foutraque des moments de poésie fulgurants – la quête silencieuse et poignante d'une innocence perdue – et la trivialité de notre époque – vedette fabriquée pour le profit de l'industrie, musique sirupeuse, clichés de roman-photo. Etranges étrangers ! Laissez votre raison à la porte de la salle de cinéma et larguez les amarres pour partir à la rencontre d'un cinéma Autre. Quand il se tait, DOLLS atteint l'ineffable, l'universel, l'intime. Certaines scènes peuvent laisser quelque peu perplexe, mais d'autres déposent dans votre imaginaire des traces sublimes.

allocine.fr
Le site officiel
par



http://dolls.supergazol.com/


La (bonne) critique de Telerama
par Pierre Murat

Trois contes sur l'amour, de Takeshi Kitano, tragiques et (un peu trop ?) esthétiques. Après avoir promis le mariage à une autre, le jeune homme s'apprête à épouser la fille du patron. « Un vrai Cendrillon moderne », ironisent ses amis, mi-admiratifs, mi-jaloux. Mais juste avant la cérémonie, Matsumoto apprend que Sawako, la rejetée, a tenté de se suicider. Le jeune homme se précipite à son chevet, implore son pardon. Trop tard : il a fait un choix qui ne souffre ni remords ni regrets. Il couve, désormais, cette jeune femme, plus morte que vivante, sans souvenirs, d'une tendresse inutile. Il ne la quitte plus. Ils se clochardisent ensemble. Puis ils échappent définitivement à la logique, à la raison, à la vie. A jamais liés par une corde rouge qui empêche la femme de s'éloigner, ils errent dans des lieux où ils se perdent. Au début de Dolls, on assiste à une représentation du théâtre bunraku. Rituel immuable : un narrateur joue tous les rôles, trois artistes, dont deux masqués, animent des figurines de bois qui « miment » l'histoire. A la fin de la séquence, Kitano montre ces marionnettes ­ un homme et une femme ­ comme libérées de leurs maîtres, presque vivantes. A la fin de Dolls, il filme Sawako et Matsumoto, ces amants maudits, ces « mendiants errants », comme s'ils étaient des personnages d'une pièce de bunraku. Ils en ont revêtu les costumes somptueux et, au bout de leur quête irréelle, ils se trouvent, brusquement, face à ceux qu'ils étaient, quelque temps auparavant. En ce temps-là, Sawako souriait. Matsumoto la regardait. Les amis fêtaient leurs fiançailles. Lui n'avait pas encore trahi, elle n'avait pas fui dans la folie : le bonheur était encore là, possible, palpable... Sawako et Matsumoto ne sont pas les seules énigmes vivantes de ce film d'une étrange beauté. Un vieux yakuza malade se souvient, brusquement, d'une jeune femme qu'il avait abandonnée, il y a longtemps, très longtemps, pour faire fortune. Lorsqu'il l'avait quittée, elle lui avait fait une promesse. L'aurait-elle respectée, toutes ces années ? Une jeune chanteuse pop, victime d'un accident qui l'a à moitié défigurée, décide de ne plus voir personne. Son fan le plus fidèle va user d'un terrible stratagème pour l'approcher... Mais, semble nous dire le réalisateur, aucune ruse ne saurait éviter à l'homme de se fracasser contre ses rêves. Même si l'espoir naît, entre deux êtres, il ne saurait qu'être à leur image : éphémère et mortel. Dans Dolls, contrairement à la plupart des films de Kitano, la violence ne s'extériorise jamais. Pas de corps criblés de balles qui tressautent comme dans un ballet. Quand il y a un règlement de comptes, la caméra arrive après la bataille. Elle cadre une porte d'ascenseur qu'un cadavre empêche obstinément de se fermer. Il y a bien un meurtre, aussi, mais Kitano ne montre que l'oeil étonné de celui qui va mourir. La brutalité est là, pourtant, et partout. Dans l'intrigue de la pièce de théâtre de marionnettes. Chez les personnages, dont les actes, même les plus insignifiants, font naître, en eux et chez les autres, des abîmes de douleur et de chagrin. Et la nature qui pourrait les délivrer les enferme, avec ces champs de roses rouges (une seule est blanche, comme un défi), ces arbres dont les feuilles semblent en sang, ces forêts automnales splendides... Loin d'être gratuite, la beauté, omniprésente, devient monstrueuse. Une prison dont on ne s'échappe pas. Davantage encore que Sonatine et Hana-Bi, qui restent, jusqu'à présent, ses films les plus réussis, Dolls révèle un moraliste encore plus noir qu'on ne le croyait. Presque terrifiant. Assez proche du vieux petit juge qui, dans Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, raccompagnait Bourvil à la porte de son bureau en lui révélant la philosophie de sa vie : « N'oubliez pas : les hommes sont toujours coupables. Tous. » Pierre Murat

telerama.fr
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
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